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[…] Chercher plutôt du côté de cette incurable pathologie du décalage, cette cénesthésie de l’écart qui affecte une partie d’entre nous : à cinq ou sept ans, quand on passe son temps à dessiner tout autre chose que ce que les codes du dessin d’enfant imposeraient de bienséant, ou – pire – quand on paraît désœuvré ; à vingt, lorsqu’il est enfin possible de vérifier que la sexualité n’a que très peu à voir (dans ses objets, dans ses mobiles) avec les codes médicaux, psychologiques, littéraires et moraux dont vous avez, de diverses façons, été lesté et qui vous désignent d’étroites marges de manœuvre dans la bonne société du corps. À cinquante, dès lors que c’est à chaque heure, pour ainsi dire, du jour et de la nuit que vous devez vous négocier comme résolument ailleurs.
L’âme ne serait-elle que ce long apprentissage de la mise à distance, qui vous fait connaître, mieux que celui qui y adhère sans recul, le monde dans lequel il s’agit seulement de trouver, quelque temps encore, votre respiration.
Ainsi les chats semblent-t-ils, à certains de ceux qui les côtoient, disposer d’une âme : cette même façon qui est la leur d’avoir tout autre chose en tête que ce qu’ils font mine de suivre des yeux avec assiduité – à savoir votre misérable existence de maître qui n’oubliera pas de remplir sa gamelle de croquettes à l’heure dite. [Solitude… Je ne crois pas comme ils croient, je ne vis pas comme ils vivent, je n’aime pas comme ils aiment… Je mourrai comme ils meurent. (Marguerite Yourcenar)]
Marguerite Yourcenar, Feux (1936), Gallimard, in Œuvres romanesques, Bibliothèque de la Pléiade, 1982, p. 1083.
Virgule (≈1985-?). J'ai entretenu avec cette chatte une étrange complicité photographique. Elle fut partiellement paralysée du train arrière après une chute de trois étages dans un conduit de cheminée, depuis le toit de la maison que j'habitais à l'époque. Le vétérinaire a refusé de la piquer. Elle a été recueillie, par son entremise, dans une ferme du Gers.
Dominique Autié
Dominique Autié
Quand le labeur
de vos journées
et les lectures
de vos nuits
vous tendent un seul
et même miroir
qui est l’écran
de votre ordinateur,
il y a urgence
à créer votre blog :
grâce au premier internaute
qui vous rend visite,
le cercle
cesse d’être vicieux.
Dominique Autié
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