De l'homme qui se présente à l'heure dite, vous ne connaissez que la voix.
Vous l'avez compris à la lecture des documents qu'il a pris soin de vous communiquer avant la rencontre, il n'a cessé d'occuper des fonctions dont on ne saurait mieux dire en les comparant à celles des chauffeurs sur les anciennes machines à vapeur de notre réseau ferré : dès lors qu'ils auraient posé la pelle à charbon ou cessé de veiller au régime de la chaudière, ils pouvaient faire s'essouffler le rapide et, sans que celui-ci pût même rejoindre quelque gare de campagne, l'immobiliser en pleine voie – ces quelques-uns sans l'office de qui les grandes marmites médiatiques cesseraient aussitôt de bouillir.
Il va sans dire qu'un tel avertissement vous l'a rendu favorable : à tout un registre de votre propre existence – ce qui se nommait si bien le labeur (si proche du sillon, qu'il fallait fendre avant toute semence) – il sera épargné de devoir se justifier longuement, quand ce n'est pas s'excuser du relent besogneux qu'il exhale aux narines du désœuvré, du fonctionnaire ou de l'étourdi. Encore ne s'agit-il que d'un préjugé, d'une bonne disposition. Mais il subsiste un monde, qui souvent s'avère un gouffre, jusqu'à la poignée de main, jusqu'aux premiers pas dans votre espace clos – de plus en plus réservé, au fil des négligences invasives de toute une époque –, jusqu'au corps étranger logé dans l'organisme de la demeure.
Quand, votre seuil à peine franchi par le visiteur, vous mesurez que la prévenance le disputera à la délicatesse, que la conversation pourra faire l'économie des notes en fin de volume et du sous-titrage Antiope, l'air soudain s'allège – et l'intelligence que vous entretenez avec le monde peut sortir, un instant, de la clandestinité.
Vous ne demandez plus l'avis de votre montre mais, lorsqu'il redoute de s'éterniser – quelque regret que vous en éprouviez –, vous vous abstenez de le retenir, de peur qu'il ne se trouve dans l'embarras et qu'un autre, prévu pour bénéficier de sa présence, ne soit contraint de l'attendre.
Tant il est vrai, d'emblée, que les amis de cet homme-là sont estimables.
Dominique Autié
Dominique Autié
Quand le labeur
de vos journées
et les lectures
de vos nuits
vous tendent un seul
et même miroir
qui est l’écran
de votre ordinateur,
il y a urgence
à créer votre blog :
grâce au premier internaute
qui vous rend visite,
le cercle
cesse d’être vicieux.
Dominique Autié
Dominique Autié
Dominique Autié
| Lun | Mar | Mer | Jeu | Ven | Sam | Dim |
|---|---|---|---|---|---|---|
| << < | > >> | |||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 |
| 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 |
| 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 |
| 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 |
| 29 | 30 | |||||

Index général
Le fil du temps
Jours précédents
ÉDITION EN LIGNE
Thésaurus de l'éphémère
Paul-Émile Autié
Alcoolisme abstinent
De l'alexithymie
Indications
All the world's a stage
Le sac de billes
Wara'
Corps préparés
Manuels portatifs
Qu'est-ce qu'on va devenir
about Dominique Autié
L'agenda / bloc-notes








