blog dominique autie

 

Samedi 5 février 2005

07: 40

 

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Mais qu'est-ce qu'on va devenir ?

 

azfbleu

Chronique de l'automne 2001

 

4.

 

Piercing

 

J’éprouvais depuis bientôt deux ans des troubles de la marche. Quelques centaines de mètres suffisaient, certains jours, à ce que la jambe gauche fût prise de fourmillements, la hanche d’une crampe diffuse, et à ce qu’un peu plus loin le membre me refusât son appui si je devais compter sur lui pour aborder un trottoir ou une marche d’escalier.

Opéré en 1991 d’une hernie discale en L4/L5, j’attribuais le symptôme à une calcification en bec de perroquet de la vertèbre, que le neurochirurgien lui-même m’avait prédite à l’échéance d’une décennie. Le terme approchait, diluant mon inquiétude.

Des examens révélèrent, cet été, qu’il s’agissait d’une artérite. La fémorale était obstruée. Je me fis brandir le spectre de la thrombose, alternative au cancer du fumeur dans l’évangélisation du principal sous-ensemble auquel j’émarge depuis l’adolescence parmi les populations à risque. Rendez-vous fut pris, pour la date le plus rapprochée possible, pour être admis dans le service de chirurgie cardiovasculaire de l’hôpital de Rangueil. Entre-temps, notre déménagement fut programmé pour le lundi 20 août, ce qui permettait de préparer les cartons et, peut-être, de les avoir vidés avant de devoir suspendre tout travail de force pour plusieurs semaines.

Il y avait bien l’état chancelant de ma mère, qui ne se remettait pas de l’intervention qu’elle avait subie en février pour faire rafistoler sa prothèse de la hanche posée quelques mois après mon opération du dos [j’analysai tardivement cet autre épisode expiatoire qu’elle avait mis en œuvre pour conjurer les lumbagos à répétition qui me clouaient au lit de plus en plus fréquemment, dans le courant des années 1980] : la suite confirmera que c’était elle en fait, et non moi, qui était concernée par la révision mécanique décennale.

Je me présentai aux admissions le lundi 17 septembre à 15 heures, muni d’un bagage léger, parmi quoi une boîte de cigarillos glissée parmi les accessoires de l’iBook et le roman de William Styron, Un Lit de ténèbres, sous couverture de la collection « Du monde entier» de Gallimard (achevé d’imprimer daté de mai 1963), déniché le samedi précédent au marché aux livres de la place Saint-Étienne. [Il y a peut-être dans mon goût exclusif pour les volumes de seconde main, que je recouvre de papier cristal aussitôt après les avoir acquis, une variante de ma stratégie de non-appropriation du monde : les livres transitent par mes mains, en dépit de l’apparente passion de collectionneur que je déploie à me les procurer et à les classer dans ma bibliothèque.]

On ne tarda pas à me faire remarquer que j’étais bien jeune pour recourir aux bons offices du professeur C. dont les patients ont, en moyenne, une solide dizaine d’années de plus que moi. Ce dont je me serais aperçu en prenant l’air du couloir, le soir même, pour descendre fumer devant le hall d’entrée de l’hôpital après une halte devant le distributeur de café.

L’après-midi, que je croyais pouvoir mettre à profit pour lire, fut émaillé d’examens, de radios, de prises de sang. Vers 17 heures, deux infirmières frappèrent à la porte de ma chambre. Elles avaient mission de me préparer. Comme un piano de John Cage avant le concert, eus-je le temps de me dire avant de comprendre que les deux petits objets dont elles étaient munies étaient des rasoirs électriques. Gantées de latex à condom, les jeunes femmes commencèrent leur office par les jambes, qu’elles me dirent devoir épiler depuis le genou jusqu’à l’aine. Le léger grésillement des appareils ne couvrait pas leur conversation, qui courait sur le changement de poste d’une de leurs collègues, sur la négociation des trente-cinq heures, sur le bébé d’une aide-soignante du service qui avait avalé je ne sais quoi la veille. Litanie entrecoupée d’un premier commentaire, bientôt repris en écho, sur le caractère particulièrement revêche de mon système pileux. Quand je sentis poindre l’agacement, je crus bon de m’étonner qu’un patient du nord de la Loire, blond d’origine, puisse prendre au dépourvu un rasoir occitan rompu aux cuirs sombres du Sud réputés pour leur crin dense et dru. Plutôt dix bruns poilus comme des singes ! entendis-je qu’on me répliquait de part et d’autre du lit, avec un sourire entendu. La sanction tomba : le rasoir à lame jetable, interdit par les nouveaux protocoles mais efficace. Cependant, une seule écorchure et l’opération serait ajournée. C’est ainsi qu’un semblant de mesure fut mis à me dégarnir le pubis. On s’arrêta à la jointure de la hampe et des couilles. Je ne me souvins pas qu’on ait jamais touché cette partie-là de mon corps avec autant de répugnance – ou bien cette sensation s’exonda soudain de l’enfance, avec la violence des villes englouties qui, par nuit d’ouragan, apparaissent au marin ivre, égaré sur le pont de son rafiot. Avant de quitter la pièce, on exigea que je prenne une douche en veillant à me frotter avec un gant en fibres non tissées imbibé de Bétadine, un produit de couleur jaune à l’odeur de cadavre. Sorti de la cabine, je déplorai d’avoir digéré depuis longtemps mon repas de midi, qu’il m’aurait été un bref soulagement de pouvoir rendre. Le moment où je posai le pied sur le caillebotis et commençai de me sécher, passant la serviette sur la peau glabre de mon bas-ventre, serait à compter parmi les très rares circonstances qui, depuis seize ans désormais, auraient pu remettre en cause, dans l’instant, mon abstinence alcoolique (pour peu que celle-ci ne fût pas ancrée, comme c’est le cas, sur une attitude mentale qui, le moment venu, me ferait choisir le revolver plutôt qu’un toxique, fût-il garanti létal à la dose convenable : comment oublier que je me suis raté au thanatol [1] ?).

Dans la soirée, comme chaque jour depuis des mois, j’ai appelé ma mère. Ça n’allait pas fort et elle n’avait rien sous la main pour noter le numéro de la ligne directe de ma chambre. (La semaine précédente, mon père était allé répondre sur le poste fixe. Je l’entendais lui crier, de la cuisine, qu’il lui apporte le téléphone mobile. J’ai raccroché en toute hâte : quelques jours auparavant, une scène semblable avait eu lieu, mais ma mère s’était mise en route vers le salon, était tombée, entraînant mon père dans sa chute. Elle n’avait pu se relever, lui n’avait pas la force de l’y aider ; il dut appeler un voisin. À sept cents kilomètres de là, j’avais suivi, impuissant, le drame que j’avais provoqué d’un simple coup de fil exceptionnellement passé dans le creux de la journée, sachant que je ne pourrais, ce soir-là, le faire à l’heure habituelle, entre 20 h 40 [fin de la météo sur Antenne 2] et 20 h 41 [moment auquel ma mère rejoignait la salle de bain afin de s’y préparer pour la nuit]. N’ayant pas, je l’ai dit, de récepteur de télévision, il s’agissait chaque soir d’opérer en aveugle une visée de la précision des chasseurs américains dans la guerre zéro mort.)

Le lendemain matin, on m’administra le médicament promis, trois jours plus tôt, par une délicate anesthésiste en visite pré-opératoire. Avertie par moi de mon statut d’alcoolique abstinent exigeant qu’aucun produit à base d’éthyle ne me soit injecté [on en utilisait il y a encore peu en anesthésie], elle avait dûment corrigé à plusieurs reprises abstinent par repenti et s’était gardée avec ostentation de noter quoi que ce fût à ce sujet. Elle avait juste précisé, vers la fin de l’entretien, qu’on me préparerait (donc le mot avait été déjà prononcé) à l’anesthésie, qui ne serait que régionale, par un sédatif puissant qui me ferait éprouver la bienheureuse sensation d’avoir avalé d’un trait une bouteille entière de champagne (sic).

On ne me ferait même pas la grâce, en avais-je déduit, d’être tout à fait inconscient. Est-il si distinctement écrit sur mon visage que je suis coupable ?

En salle de réveil, ma première pensée fut pour mon père qui, en avril, s’était cassé l’épaule dans leur chambre de la maison de rééducation où ma mère séjournait, non loin de Rambouillet. Sorti de la narcose, il avait connu plusieurs épisodes hallucinatoires. Je m’appliquai à regarder autour de moi, à suivre des yeux l’infirmière de permanence, à remuer les doigts de la main gauche, puis de la droite, à tenter le même exercice, plus précautionneusement en raison de l’intervention, avec les orteils. Mon père, une semaine plus tard, avait failli être emporté par une hémorragie de l’estomac. Je suis parti pour Goussonville le soir même, en voiture. Au petit matin, les infirmières de la clinique de rééducation me préparèrent, elles aussi. Ma mère m’expliqua qu’il avait fallu plus de deux heures de réanimation sur place avant que son état autorise de le transporter. On l’avait fait sortir de la chambre. Elle l’avait entrevu sur la civière. Tout le monde semblait ignorer, à l’étage, vers quel hôpital il avait été orienté. À neuf heures, le médecin qui dirige le centre de rééducation entra dans la chambre. Il venait d’avoir l’hôpital de Versailles. Mon père était tiré d’affaire. Quand on le ramena, dans l’après-midi, je le vis sur son lit de mort, respirant péniblement, le visage creux, le teint de cire. Ma mère lui trouva meilleure mine que la veille. On ne saura jamais, de l’anémie, du stress opératoire, d’une soudaine lassitude, ce qui a provoqué son incursion aux confins des ténèbres. L’infirmière remarqua que j’étais sorti des brumes et vint prendre ma tension. Le contact de sa main sur mon bras ni les quelques formules toutes faites qu’elle prononça ne parvinrent à dissiper une phobie soudaine pour la crise de cécité ou de paralysie hystériques qui, j’ignore pourquoi – et feins toujours de l’ignorer à présent –, ne guettait que moi.

L’après-midi, je rouvris Un Lit de ténèbres et, à ma plus grande surprise, sans devoir relire la page précédente je repris ma lecture où je l’avais suspendue le matin (réveillé bien avant la venue de l’équipe de relève chargée de m’assommer à l’Atarax, Styron m’avait aidé à me blinder contre l’absence du cigarillo et du café qui, en temps ordinaire, sont les conditions sine qua non de mon retour aux affres de la vie diurne).

On me fit lever pour faire ma toilette, une sorte d’activité obsessionnelle dans laquelle mes interlocutrices successives parmi le personnel infirmier tenteront avec constance de me faire plonger, comme dans une enviable addiction. En mon for intérieur, je me dis que l’accès redouté de paralysie m’aurait épargné l’épreuve. Il s’agissait ni plus ni moins de retrouver le goût fétide de la Bétadine, ce savon flotteux à la consistance de sanie, et la surface albumineuse de mon bas-ventre. J’ignorais encore que jamais autant que dans les jours qui suivraient je n’aurais regardé mon corps dans la glace pour y vérifier à quel point la chair est détestable.

J’appelai ma mère pour un flash spécial. Elle me dit que Sylvie lui avait téléphoné dès la fin de la matinée. Je lui demandai si elle se sentait mieux que la veille. Force m’est de constater aujourd’hui que j’entendis bien sa réponse qui, sur le moment, ne laissa aucune trace à la surface de mon esprit. La seule surface qu’il eût fallu rayer ce jour-là, j’en conviens, était celle du miroir de la salle d’eau, chambre 17.Le mercredi soir, mon père tenta de me joindre après l’heure de fermeture du standard de l’hôpital, à partir de laquelle tout appel sur la ligne directe de votre chambre sonne dans le vide, sans autre explication, pour m’indiquer que ma mère avait été emportée, inconsciente, par le Samu après avoir vomi du sang de fort méchante façon.

J’avais retenu de l’entrevue liminaire avec le professeur C., début août, puis avec sa secrétaire avec qui j’avais établi la date de mon hospitalisation, que celle-ci serait l’affaire de quarante-huit heures. J’appris le mercredi matin qu’il était hors de question qu’on me lâche en début d’après-midi : outre un risque d’hématome, il fallait procéder à un doppler de contrôle pour vérifier que l’artère avait été correctement débridée. L’opération avait consisté à glisser un dispositif d’exploration dans l’intérieur de la cuisse pour atteindre l’artère, dans laquelle il était prévu d’introduire, si le chirurgien estimait qu’un simple détartrage m’exposait à une nouvelle obstruction, une sorte de petit ressort en métal neutre destiné à en maintenir écartée la paroi. Version du piercing pour introvertis, qui me ferait seul dépositaire du secret de cette parure intime, rituel plus hermétique que celui de la femme à qui l’on fixe deux anneaux d’or dans les grandes lèvres. Expérience pour moi initiatique du tiers inclus, familière aux porteurs de pacemaker, broches et prothèses en tout genre, sans parler des alcooliques qui ont connu les implants sous-cutanés à effet antabuse supposés leur permettre de se déprendre sans effort de l’envie de boire. (La cavité buccale étant rompue à accueillir et à tester toutes sortes de corps étrangers, elle assimile curieusement sans trop renâcler plombages et couronnes mais peut rester désespérément suspicieuse à l’endroit d’un dentier ou d’un appareil d’orthodontie qui, dès lors, font figure de pièces rapportées plus que de prothèses – dont la vocation est de se faire oublier du corps qui les héberge.) D’où l’étrangeté d’une pratique qui consiste, pour des adolescents dont l’organisme est d’ordinaire à l’apogée de la bonne santé, à s’incruster le visage de toute une quincaillerie destinée, selon leur témoignage le plus constant, à mieux éprouver qu’ils sont en vie.

J’eus la faiblesse de confier à un jeune interne, le jeudi matin, juste après l’appel de mon père, qu’il me faudrait me rendre au chevet de ma mère dès que je serais sorti. Cela me valut, en début d’après-midi, la visite du professeur C. en personne, venu me convaincre qu’il était plus sage de me retenir ici, afin que je résiste à la tentation d’embarquer sur le premier vol pour la capitale (hors de question de risquer un hématome avec les écarts de pression d’un décollage et d’un atterrissage) ou, pire encore, de prendre la route. J’eus beau lui dire que je suis addict au rail, rien n’y fit. Il ne me restait plus qu’à prévenir mon client – celui, curieusement, avec qui je me trouvais l’après-midi du 11 septembre – que je ne pourrais honorer le rendez-vous prévu le vendredi matin pour lui remettre une nouvelle version de mon texte. Et à terminer la mise au point de celui-ci dans ma chambre d’hôpital, sur l’ordinateur portable que j’avais pris soin d’emporter avec moi. J’attendis une heure que le patron ait, en toute probabilité, déguerpi de son service et, sous prétexte d’aller faire quelques pas, descendis à la cafétéria située au rez-de-chaussée, à proximité du hall d’accueil. Je m’y confectionnai au distributeur un gobelet de deux doses de café court et allumai un petit cigare. À la première bouffée, un léger étourdissement me suggéra qu’il était préférable de m’asseoir.

 

J’aurais pu ne retenir de cet épisode chirurgical que le roman de Styron qui, pour l’analyse psychologique du dipsomane, me semble plus juste et plus lumineux (lumière noire, il va sans dire) que Malcolm Lowry, même dans la nouvelle traduction de Jacques Darras (chez Grasset, en 1987), qui rend enfin Sous le volcan lisible. Or, jamais Un Lit de ténèbres n’a été mentionné devant moi comme l’un des grands textes sur l’alcool, ce qu’il est bel et bien.

[J’avais ainsi, au début de l’année, découvert Hermann Broch ; se trouvaient à vendre, par hasard et pour une bouchée de pain chez un de mes bouquinistes, deux de ses romans, Le Tentateur et La Mort de Virgile, deux exemplaires en bon état de leur première édition française datant de la fin des années 1950, dans la même collection « Du monde entier » que le Styron. Pourquoi ce quasi-oubli de Broch, alors que le souffle, mais aussi le destin, semblent si proches de ceux de Musil ? Les critères du passage à la postérité : loterie, inattention de la critique ou ultime affront d’une civilisation pourrissante et fière de l’être ?]

 

[1] Le terme a été forgé par le psychanalyste François Perrier (« Thanatol, ou des amours, des morts et des corps, de qui l’on n’est pas », article rédigé en 1973-1974, refusé en son temps par la revue Topique puis publié dans Études freudiennes, n° 9-10, avril 1975 ; repris dans La Chaussée d’Antin, édition nouvelle, Albin Michel, 1994). Alcoolique, François Perrier est également l’auteur de L’Alcool au singulier, l’eau-de-feu et la libido, InterÉditions, 1982. Quoi qu’affirme sa nécrologie officielle telle que rédigée par la communauté psychanalytique, il fut celui par qui le scandale arriva en intégrant l’éthylisme au matériel clinique et théorique de l’analyse, alors que l’orthodoxie freudienne édictait – et continue peu ou prou d’enseigner – que, pour l’analyste, l’addiction à l’alcool ne peut avoir valeur que de symptôme.

 

 

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Commentaires:

Commentaire de: Fulcanelli [Visiteur] · http://www.u-blog.net/Fulcanelli
Je suis admiratif pour ces dernières notes qui traduisent un changement d'envergure. Seriez-vous en mutation ?

Sinon Broch est un auteur plus que fréquentable. J'ai lu ses écrits philosophiques chez Tel. La trilogie des somnanbules décrit la décomposition d'un monde. Et puis, les livres que l'on trouve chez un bouquinistes ne sont pas toujours du hasard mais un destin d'écriture et de révélation

bon dimanche
Permalien Samedi 5 février 2005 @ 21:56

Les commentaires sont fermés pour cet article.

Dominique Autié
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