
Le travail de ces dernières semaines, qui a abouti à la création de notre nouveau site d'entreprise et de son annexe, est bien trop riche d'enseignements pour que je songe à me plaindre – mes rares moments de paix avec moi-même y ont été dévorés, de sorte que je n'ai vraiment rouvert un livre que dimanche, étonné de ces trois heures d'une lecture suivie, féconde, réparatrice entre tout.
Tout cela s'est conclu, samedi, par une sorte de grand ravalement du blog lui-même : rien qui saute aux yeux au premier clic de souris, mais des modifications de structure, dans la programmation, assez lourdes pour que l'ensemble en ressorte plus cohérent, plus confortable pour le visiteur, plus efficace sous les faisceaux du Googlebot et autres robots d'indexation.
Pour faire bref, cette maintenance m'a conduit à appeler à l'écran, une à une, pour y intervenir de façon plus ou moins significative, les quelque trois cent posts de ce blog. Le genre d'exercice qui se situe entre le mantra qu'on ressasse et le décompte des moutons insomniaques – passe-temps d'addictif abstinent, j'en réponds.
Visuellement, nombre de pages ont bénéficié de ma visite : harmonisation de la présentation des titres et des grandes rubriques (L'ordinaire et le propre des livres, mais aussi Wara' – pour laquelle plusieurs projets de textes à venir me sont venus tout en aménageant la charte typographique de cette série), amorce d'un aménagement technique des liens afin qu'ils ouvrent une nouvelle fenêtre, simplifiant leur consultation sans rompre la continuité de lecture des pages du blog lui-même – une réserve inépuisable de petits gestes compulsifs dans les semaines à venir, si je venais à manquer d'emploi, car tout le blog mériterait de bénéficier de cette amélioration : plus d'un millier de liens à reprogrammer, je suppose.
Certains textes avaient été mis en ligne plus ou moins à la diable, dans les premiers temps. Je les ai illustrés quand ils ne l'étaient pas : il en va ainsi de cette Brève contribution à l'histoire des automates, à laquelle je me surpris à tenir, et surtout de mon journal de l'automne 2001, Mais qu'est-ce qu'on va devenir ?, un texte a priori mal ajusté pour une publication (et une lecture) en ligne, que j'ai doté d'un sommaire électronique. Refusé par les éditeurs, ce texte trouve ici sa raison d'être. Il m'est, pour diverses raisons, essentiel.
À 3 heures du matin, dans la nuit de samedi à dimanche, je suis parvenu à l'une des toutes premières chroniques publiées ici, Une dernière Celtique pour Patrice Thierry. Patrice fut, à deux reprises, mon éditeur. Il est mort en 1998 après de longs mois d'un étrange coma dans lequel l'avait plongé une hémorragie cérébrale. J'ai relu, en pleine nuit, le texte que j'ai rédigé le jour de sa mort, que La Dépêche du Midi a publié en manière de notice nécrologique. La page du blog où j'ai reproduit celui-ci était illustrée du paquet de Celtiques qu'il m'avait offert, vide, que je conserve ici comme d'autres enchâssent un morceau de la Vraie Croix. À l'époque, je savais tout juste me servir d'un scanner. Sur ma page, l'objet semblait misérable, perdu dans le cadre rectangulaire de l'image qu'à l'époque je n'aurais su détourer. En dépit de l'heure, de la fatigue, des yeux qui me piquaient, j'ai procédé toutes affaires cessantes à une nouvelle prise de vue, puis à un détourage hasardeux. Cela m'a pris un temps déraisonnable. Mais ce fut un moment de piété, presque tendre. Rarement j'ai mesuré à ce point combien une pincée de caractères typographiques agencée dans les couleurs crues d'un logotype – dont un Raymond Loewy n'aurait pas renié le graphisme – a le pouvoir de faire affleurer, soudain, tant de souvenirs, d'émotions – toute la fumée âcre, un peu sale, de mes anciennes tiges gros module.
……………
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Dominique Autié
Dominique Autié
Quand le labeur
de vos journées
et les lectures
de vos nuits
vous tendent un seul
et même miroir
qui est l’écran
de votre ordinateur,
il y a urgence
à créer votre blog :
grâce au premier internaute
qui vous rend visite,
le cercle
cesse d’être vicieux.
Dominique Autié
Dominique Autié
Dominique Autié
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