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Dimanche 16 avril 2006

00: 54

Le Saint Suaire de Turin : LA CONTROVERSE DE PARIS (1902)

Édition en ligne de l'intégralité des communications
publiées dans La Revue scientifique au printemps 1902.

Textes retrouvés et édités par Dominique Autié

 

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du dossier La controverse de Paris

 

 

Les protagonistes de la controverse

 

[J'ai suivi, pour cette présentation, non pas l'ordre des interventions dans la Revue scientifique, mais celui que suggèrent la toile de fond et la chronique elle-même de cette controverse, au tournant du siècle. Il m'a également semblé utile de dire quelques mots de la revue et de son directeur de l'époque, puisque le débat eut lieu dans les pages d'une publication de vulgarisation scientifique, non dans Les Comptes rendus de l'Académie des sciences (créés en 1835 par Arago) D.A.].

 

La Revue scientifique

Fondée en 1863 chez l'éditeur Germer Baillière, bientôt rejoint par Félix Alcan, la Revue scientifique est connue sous son sous-titre de Revue rose qui la distingue de la Revue politique et littéraire ou Revue bleue publiée elle aussi à partir de 1863. Comme La Nature, créée en juin 1873 par Gaston Tissandier chez l'éditeur Georges Masson (qui, en 1885, se réclame d'un tirage de 15 000 exemplaires), cette publication hebdomadaire est l'un des fers de lance de la vulgarisation scientifique qui marque la seconde partie du dix-neuvième siècle. En 1880, les éditeurs en confient la direction scientifique à Charles Richet (voir ci-dessous). Celui-ci est toujours à la tête de la revue quand éclate la controverse sur le suaire.

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Charles Richet

Quelques mots sur le directeur de la Revue scientifique en poste en 1902 s'imposent. Charles Richet (1850 - 1935), physiologiste passionné de psychopathologie, fut le fondateur de la métapsychique (Traité de métapsychique, Félix Alcan, 1922, 816 p.). Prix Nobel de physiologie en 1913, élu membre de l'Académie des sciences en 1914, président en 1933, membre de l'Académie nationale de médecine, il est aussi l'auteur de La Sélection humaine (Félix Alcan, 1919). C'est pour quelques lignes de ce volume, passablement malheureuses, qu'il est assez systématiquement cité aux côtés d'Alexis Carrel parmi les suppôts d'un racisme eugénique des plus sordides. On lira toutefois la notice que lui consacre le site de la Grande Loge de France. Le grand écart entre les lignes de 1919 et cet hommage sans réserve laisse perplexe.

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Yves Delage

Si l'article de la revue Scientifique du 17 mai 1902 qui inaugure la controverse est consacré au livre que vient de faire paraître Paul Vignon, c'est la communication que le Pr Yves Delage (1854 - 1920) a faite un mois plus tôt, le 21 avril, devant l'Académie des sciences (dont il est membre depuis l'année précédente) qui a embrasé les esprits.
Yves Delage a suivi des études de médecine et de zoologie, discipline qu’il enseigne à la Sorbonne en 1880 puis à la faculté des sciences de Paris. Il est nommé à Caen en 1883 et dirige la station zoologique de Luc-sur-Mer. Revenu à Paris dès 1885, il prend la direction du laboratoire de recherches en zoologie expérimentale en 1889. En 1901, il dirige la station zoologie de Roscoff et créé la revue L’Année biologique. Parmi ses travaux, Embryogénie des éponges (1892), L’Hérédité et les grands problèmes de la biologie générale (1895), Traité de zoologie concrète (six volumes, 1896-1903), Les Théories de l’évolution (1909) et La Parthénogenèse naturelle et expérimentale (1913). Il rénove l’analyse des théories de l'hérédité et se montre un ardent défenseur de l'idée évolutionniste, ce qui lui vaut une correspondance avec Darwin.
C’est un scientifique respecté, connu pour son agnosticisme exigeant, qui prend de court le public venu nombreux à l’annonce d’une conférence intitulée « L'image du Christ visible sur le Saint-Suaire de Turin ». Sa lettre à Charles Richet, qu'on lira ici, témoigne de la tessiture intellectuelle et spirituelle de celui qui fut à l'origine des travaux de Paul Vignon.

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Paul Vignon

Impossible de mettre la main sur une notice biographique de Paul Vignon, dont la carrière semble tenir en deux dates, celles de la première et de la seconde édition de son livre – de ses livres, devrait-on dire : non seulement le titre de 1902 – Le Linceul du Christ, étude scientifique – devint en 1939 Le Saint Suaire de Turin devant la science, l'archéologie, l'histoire, l'iconographie, la logique ; mais encore cette seconde édition, qui doit être considérée comme définitive, s'appuie-t-elle sur les nouveaux clichés du Linge, plus précis, réalisés pendant l'ostension de 1931 par Giuseppe Enrie.
Paul Vignon était préparateur en biologie quand il devint, en 1897, collaborateur de la L'Année biologique éditée par Yves Delage. Ce dernier fit de lui son assistant à la Sorbonne et au Muséum d'histoire naturelle et l'associa, en 1900, à sa découverte des clichés du suaire pris Secondo Pia en 1998. Les expériences préalables à son étude scientifique du suaire, la première menée d'après les photographies de Pia, furent entreprises par Paul Vignon dans le laboratoire d'Yves Delage à la Sorbonne.
On trouve trace d'une publication plus tardive, Au souffle de l'esprit créateur – Science et métaphysique thomistes de la vie, dans la collection « Bibliothèque des archives de philosophie » des Éditions Beauchesne, en 1946, que préfaça Paul Claudel. Son titre confirme d'emblée qu'en 1902 le christianisme du jeune biologiste contrastait avec les positions agnostiques d'Yves Delage, son « patron ».

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Maurice Vernes

La personnalité de Maurice Vernes (1845 - 1923) est, de loin, la plus intéressante à prendre en compte dans la lecture du présent dossier. Une étude spécifique sur l'histoire et l'analyse du profil des détracteurs du Saint Suaire éclairerait plus utilement l'historiographie de la relique qu'une nième expertise, dont il est peu probable qu'elle suffise un jour à trancher indubitablement l'énigme qui entoure l'objet.
Ancien étudiant des facultés de théologie protestante de Montauban puis de Strasbourg, Maurice vernes est le fils d'un polytechnicien,professeur, puis directeur d’études à la Faculté de théologie protestante, pasteur, président du Consistoire de Paris. Dans un article documenté sur l'histoire de la laïcité, Patrick Cabanel évoque les engagements de Maurice Vernes dans la campagne lancée dès 1879, et reprise notamment en 1906, au lendemain de la Séparation, pour laïciser l'histoire sainte et dispenser une histoire des religions (ou science religieuse) à tous les niveaux de l'école publique. Dans un autre article publié en 2003 et consultable en ligne, Claude Langlois, directeur de l'Institut européen en sciences des religions, décrit les circonstances qui firent que 1880 fut à la fois l'année de la création d'une chaire d'histoire des religions au Collège de France et de la Revue d'Histoire des religions, dont le premier directeur fut Maurice Vernes.
Un premier ouvrage, Le peuple d'Israël et ses espérances relatives a son avenir depuis les origines jusqu'à l'époque persane (V°  siècle avant J.-C.) : essai historique, (Sandoz et Fischbacher, Paris, 1872), vaut à Maurice Vernes de devenir un collaborateur de la première heure de La Société des études juives fondée en 1880, puis premier président de la Ligue des amis français du sionisme créée en 1918 (source : www.protestants.org). Président de la Section des Sciences religieuses de l'École des Hautes Études de la Sorbonne dans les années qui suivent la Première guerre mondiale, il publiera encore Les Emprunts de la Bible hébraïque au grec et au latin, E. Leroux, 1914 (29e volume de la « Bibliothèque de l'École des Hautes Études - Sciences religieuses ») et Les Étapes de la déification de Jésus, E. Leroux, 1918 (disponible sur le site Gallica de la BNF).

 

 

Découvrir la galerie de présentation
de l'édition définitive du livre de Paul Vignon

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Accès au sommaire électronique
du dossier La controverse de Paris

 

 

La préparation de ce dossier a requis un véritable travail éditorial. Même si les textes de La Revue scientifique sont dans le domaine public, nous remercions les personnes qui les reproduiront et feront état de cette controverse à partir des pages de ce blog de bien vouloir mentionner leur source ; dans le cas d'une publication en ligne, merci de poser un lien vers la page d'ouverture de ce dossier en utilisant l'url de ladite page :

http://blog-dominique.autie.intexte.net/blogs/index.php/2006/04/16/
saint_suaire_de_turin_la_controverse_de_1902

(cliquez ci-dessus puis copiez/collez d'un seul tenant l'url qui s'affiche dans la fenêtre supérieure de votre navigateur.)

Par avance, merci. – Dominique Autié.

© Le blog de Dominique Autié, 2006.

 

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