blog dominique autie

 

Mardi 25 avril 2006

06: 10

 

 

stalker_asensio

 

Juan Asensio,
un dispositif de lecture
pour tirer sur les amarres de l'âme

 

 

À propos de La Critique meurt jeune
de Juan Asensio, Le Rocher, avril 2006. 18,90 €.

 

 

Nous sommes très fautifs envers le verbe. Le verbe n'a de force magique
que lorsqu'il est vrai. Aujourd'hui le verbe est utilisé pour cacher les pensées.
En Afrique, on a découvert une tribu qui ne connaît pas le mensonge.
L'homme blanc a essayé de leur expliquer et ils n'ont pas compris.
Essaye de comprendre la mystique de ces âmes-là, et tu sauras pourquoi,
au début, il y avait le verbe. L'état du verbe démontre l'état spirituel du monde.
Actuellement l'écart entre le verbe et ce qu'il signifie ne fait que s'amplifier.
C'est très étrange. C'est une énigme !


Andreï Tarkovski, 28 avril 1986 (dernière interview, © Nouvelles Clés).

 

 

Juan Asensio a raison d'ouvrir le choix de ses textes critiques, que publient aujourd'hui les éditions du Rocher, par le rappel de ce qu'il nomme cette Parabole pour la fin des temps qu'est le film d'Andreï Tarkovski, Stalker. On aurait tort de n'y voir qu'une référence pro domo en faveur de la Dissection du cadavre de la littérature à laquelle l'auteur procède pour ainsi dire quotidiennement sur la Toile. Car il existe – elle s'impose dès la première heure de fréquentation du livre – une cohérence désormais évidente et efficace entre ce qu'indique la Zone de Tarkovski, ce qui se pratique sur la Zone de Juan Asensio dans l'hypertexte de la blogosphère et l'ordre, l'agencement du codex que voici : un dispositif de lecture qui semble avoir trouvé son terrain, ses armes et sa stratégie.

À l'exception de cinq brèves et fortes pages pour saluer en Jean Védrines « un écrivain, enfin ! » (après lecture de son Stalag, en 2004 à La Table Ronde), les textes que rassemble La Critique meurt jeune ont d'abord paru dans différentes revues de littérature ou sur le site de l'auteur. Jadis, de tels recueils jalonnaient la bibliographie de l'essayiste, qu'il fût ou non conjointement auteur de fictions ; il s'agissait que l'œuvre publiée en volumes pérennisât l'essentiel des contributions éparses à l'usage d'une postérité convoitée. Aujourd'hui, la démarche est tout autre. La parution de ce deuxième ensemble [1] fait la preuve qu'un véritable dispositif – je ne vois pas d'autre mot – est désormais disponible, à la façon des relais de poste où l'on sellait un nouveau cheval pour un même cavalier, qui se hâtait ainsi dans sa course sur des montures différentes.

L'image du passage de témoin, ainsi qu'en une course de relais, s'impose d'ailleurs dès ce premier long texte du livre, « La voix secrète de l'art », placé sous l'invocation du passeur de Tarkovski. Juan Asensio y active tour à tour Philip K. Dick, l'Hermann Broch de La Mort de Virgile et, par ce qu'il nomme « la transparence de l'art » à l'œuvre dans L'Avenue, Paul Gadenne. Nous tenons là ce qui constitue la stratégie la plus efficace, fondatrice d'une critique dont le propos est de féconder les pages qu'elle laboure : convoquer l'auteur qui, sans contrainte scolaire de chronologie, saisira ce témoin qu'est le lecteur, qu'il convient d'acheminer ailleurs, en zone de langue active, éruptive, où le texte conserve son pouvoir séminal. Or, aujourd'hui, il convenait d'inventer un autre mode de transmission, de passage du témoin, qui prenne en compte, adopte, s'approprie les nouveaux modes de lecture induits par l'hypertexte. Ce n'est pas le moindre mérite de Juan Asensio d'avoir fait sien cet impératif, quand il eût été si facile de l'éluder en arguant de la teneur singulière des auteurs et des textes qui, souterrainement, maintiennent en milieu hostile, en situation d'effet de serre et de pourrissement, cette panspermie de la pensée et de la langue qui excède les limites de l'espace et du temps de nos civilisations.

En mettant sa présence éreintante sur la Toile sous la bannière du Stalker, Juan Asensio indique simplement que, dans un monde sans Dieu, la Zone représente la dernière et éphémère, ardue et sans doute terriblement fragile voie du salut mais [que] c'est aussi ce même monde et sa prosternation ridicule devant toutes les idoles, c'est ce monde cassé qui a fait oublier le chemin, qui nous a même presque entièrement enlevé le désir de nous y engager, qui empêche de comprendre cette évidence, de voir que la Zone est le lieu banal de la grâce donnée, mais refusée par les hommes, de voir et de comprendre que la Zone est cet homme intérieur que le Christ nous a demandé de faire triompher, nous rappelant que la parole est cette grâce, l'art est cette grâce, Dieu est cette grâce, langage, corps et esprit pourrions-nous dire [2]. On ne saurait mieux dire pour étalonner un tel projet de partage.

Il y a donc La Zone, le site qui, riche de deux années de mises en ligne soutenues, fonctionne désormais comme un thésaurus : lecture perforante qu'autorise le lien, traversée des strates où se réactivent, tels des virus, les textes – fictions et prose discursive mêlées – des grandes figures virulentes et de quelques alchimistes de la colère – pour s'en tenir à la belle formule de l'auteur à propos de Bloy et de Bernanos [3]. L'hypertexte de la Toile confère ses qualités fractales à la démarche – notion centrale évoquée dans l'entretien avec Maurice G. Dantec [4], à laquelle l'organisation même des rubriques et des archives du site semble bien répondre. Et il y a les livres, où ces mêmes textes, à travers cette même lecture en rhizome, retrouvent le lieu du livre, où la langue du critique semble enfin pleinement prendre part à ce corps-cerveau qui agit comme une antenne réception/émission, selon les mots par lesquels, dans ce même entretien, Dantec décrit le mouvement de vases communicants de la littérature, d'une langue qui se transcrit et se transmet – Dantec invoquant ici l'étymologie du mot tradition. On ne pouvait mieux démontrer qu'un livre est dès lors tout le contraire de l'impression papier à laquelle nous procédons, quasi compulsivement, dès qu'un petit bout d'écran nous semble receler quelque vérité provisoire qui mérite qu'on lui offre son ostensoir de papier. Parce que l'ordre du livre n'est pas le scintillement atmosphérique de la Toile – quelle que soit l'attention que l'on porte à en domestiquer les myriades de comètes.

Deux absolus bonheurs de lecture eussent été différents à l'écran – si tant est qu'il ne m'aient pas échappé : au détour de sa lecture d'Alain Zannini, le roman de Marc-Édouard Nabe, Juan Asensio fait allusion à la thèse du philosophe italien Giambattista Vico (1668-1744) selon laquelle le langage des premiers hommes était un sommet de l'art et non pas la cacophonie incompréhensible par laquelle tenteraient maladroitement de communiquer quelques singes plus hardis que leurs congénères [5]. Deux pages plus loin, il rappelle (mais je la découvre ici) l'étymologie qui rapproche ignominie de la perte du nom, insistant sur le fait que cette étymologie nous renseigne assez sur le fait que la déchéance première concerne toujours le langage, la perte de la lignée réelle mais invisible, non pas celle des ancêtres mais bel et bien du nom qui est le leur [6]. Il s'agit là d'un peu plus que de simples indications – cette modeste méthode qui consiste à s'assigner d'abord de partager, autour d'un texte, d'une œuvre, quelques outils dont on dispose. Mais ce que nous offre à lire Juan Asensio – ses colères ne doivent pas le faire manquer – est riche de telles indications. C'est en cela qu'une telle lecture est généreuse. Je ferai – je fais déjà – mon miel, en mon for intérieur, de l'idée de Vico et du mot ignominie.

En retour, travaillant ces jours-ci à la nouvelle édition de ce texte, je ne peux voir qu'un intersigne dans ces quelques lignes d'Armel Guerne que je mettais en page samedi, peu avant de quitter l'écran pour poursuivre ma lecture de La Critique meurt jeune. Elles me semblent tirées de la même fournaise : … et parce que – du fait de sa science assassine, de son intelligence prise aux griffes de l’analyse – la désolante humanité contemporaine cherche par tous les moyens, dirait-on, à échapper à son âme, à se convaincre qu’une pierre plus lourde, une machine plus puissante, une matière plus épaisse que la sienne (limitée cependant aux immédiates frontières de sa peau et de ses organes visibles et pondérables) méritent tous les regards et tous les égards ; parce qu’enfin la langue qu’elle parle – et notamment la merveilleuse langue française qui fut naguère une matrice d’espérance et de joie – n’est plus désormais qu’un outil dérisoire ravalé aux seules besognes ménagères, quels que soient par ailleurs son mystère et ses excellences miraculeuses, – n’est plus qu’un sordide instrument à « témoignages », une misérable chose découronnée, réduite aux limites concrètes de quelque anonyme grammaire, tout juste bonne à rendre compte des choses ; parce que c’est une langue de cendres froides dont plus personne n’entretient et dont personne ne ranime le somptueux feu intérieur naguère si dévorant, si splendide ! – et parce que son esprit si naturellement surnaturel est abominablement, superlativement ignoré de ceux-là mêmes qui s’y prétendent des auteurs et n’y sont plus que des notaires : – oui ! il est urgent, il est licite et il est nécessaire de rappeler les hommes à leur cœur, de rechercher partout en eux les traces et les passages, les domiciles et les abris de l’homme intérieur, de retrouver à cet homme son monde, et de tirer oh ! de toutes nos forces sur les amarres de son âme [7].

À plusieurs reprises, au fil des pages de La Critique meurt jeune, s'est imposé le souvenir du decauville qui conduit jusqu'aux limites de la Zone les trois protagonistes de Stalker. Le decauville est ce petit chemin de fer à voie étroite, du nom de son inventeur, utilisé dans les carrières et les mines. Dans le film, la scène – qui conclut la partie monochrome de l'œuvre – est d'une force saisissante. La bande-son s'en tient d'abord au martèlement grinçant du bogie sur les rails disjoints – et le voyage semble n'en pas finir, tandis que monte insensiblement la musique de l'âme d'Eduard Artemyev.

C'est cela, sans doute, à quoi nous contraint Juan Asensio : ce parcours inconfortable en noir et blanc, qui nous arrache à nos amarres et nous achemine jusqu'aux territoires de la langue.

 

 

[1] Un premier recueil de textes critiques de Juan Asensio, La Littérature à contre-nuit, a paru aux éditions A Contrario en 2005.
[2] La Critique meurt jeune, p. 57. [Selon la charte graphique adoptée sur ce blog, les citations figurent en gris sans guillemets.]
[3] Ibid., p. 230.
[4] Ibid., pp. 105-126, plus particulièrement p. 122, notion mentionnée par Juan Asensio à propos du roman de Dantec, Les Racines du Mal.
[5] Ibid., p. 134.
[6] Ibid., p. 136.
[7] Armel Guerne, La nuit veille, Desclée de Brouwer, 1954, p. 10. Nouvelle édition à paraître en mai 2006 dans la collection « D'Orient et d'Occident » dirigée par Jean Moncelon aux éditions InTexte.

Stalker, d'Andreï Tarkovski, 1979
(image du film par capture d'écran).

 

 

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Commentaires:

Commentaire de: Le petit Decauville du Sens [Visiteur]
Euh ! Oui, comment dire, serait-ce dû à l'influence de Juan Asensio mais la pensée se dissout dans le style à moins que ce ne soit le contraire et cela devient une purée de grumeaux dont Dominique Autié est quand même peu coutumier.
Permalien Mercredi 26 avril 2006 @ 01:23
Commentaire de: Ben [Visiteur]
Après un bref coup d'oeil sur le site de stalker, j'ai arrêté de "perforer" plus avant par peur de finir par tomber sur les sites de Sarkozy, De Villiers et Le Pen tiercé perdant de tout ce que la France (si chère semble-t-il à ce Stalker) compte de plus ignominieux. L'école, le CPE, les émeutes en banlieue, Dantec et les nazillons (oui moi aussi je suis capable d'emprunter à la rhétorique la plus banale et usitée) tout y passe. Et toujours avec cette même rhétorique ridicule et bipolaire (les crétins gaucho-coco-laîcards droits de l'hommiste - qui sont bien sûr pour la plupart des fonctionnaires fainéants d'un côté, et Stalker de l'autre). Quand on passe son temps à se targuer de vouloir défendre le langage et qu'on est juste bon à employer ce genre d'expressions, je pense qu'une remise en question est nécessaire.
Permalien Mercredi 26 avril 2006 @ 13:01
Commentaire de: Santacreu [Visiteur]
Cher Monsieur,
Contrairement à ce que vous affirmez dans votre compte-rendu, je vous informe que la recension de Juan Asensio sur Jean Védrines, intitulé "Un écrivain enfin !" est d'abord parue dans la revue Contrelittérature (n°16, été 2005, pp. 35-36).
Bien cordialement
Alain Santacreu
Permalien Mercredi 26 avril 2006 @ 20:05
Commentaire de: Raphaël Zacharie de Izarra [Visiteur] · http://espritlibre.foxoo.net/plume
RIMBAUD OU LA GRANDE IMPOSTURE

Je vous soumets quelques neuf textes déplaisants mais sincères pour tenir tête aux sots érudits qui assènent leurs brumeuses vérités aux placides auditoires qui sans broncher daignent les entendre.

Raphaël Zacharie de Izarra

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1 - PARCE QUE JE NE SUIS PAS UN DE CES MOUTONS DE LA CULTURE QUI MACHENT SOTTEMENT LE FOIN QU'ON LEUR SERT

De nos jours Rimbaud passerait à juste titre pour un délinquant drogué, pour un asocial peu recommandable, pour un dangereux hors-la-loi et surtout pour un très odieux trafiquant d'armes, un charognard des guerres.

Imaginez le plus adulé de nos écrivains contemporains imiter ce bandit de Rimbaud... Sa carrière serait brisée. Alors pourquoi cette légende à propos de cet infâme dont nul ne comprend certains vers hermétiques mais feint de se pâmer en les lisant ? Justement, Rimbaud est surtout une légende.

Rien de plus.

Je propose une série de textes éclairants et argumentés sur la plus grande mystification littéraire du XXième siècle.

Raphaël Zacharie de Izarra

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2 - LE MYTHE "RIMBALESQUE"

Je comprends parfaitement que l'on tente de m'initier aux subtilités élevées de la poésie rimbaldienne. Seulement je n'y adhère pas, trop méfiant que je suis envers les imposteurs de la lyre qui sous prétexte d'avant-gardisme nous pondent de gros cocos complètement vides.

Nul ne me fera croire que les âmes tombant en pâmoison devant les vers "illuminés" de Rimbaud ne sont pas victimes d'une auto-suggestion née d'un insidieux conditionnement scolaire, chose qui n'a rien à voir avec l'émoi littéraire véritable...

L'on décrète à l'école que Rimbaud est un génie et que les "rebelles" dignes de ce nom se doivent d'adopter inconditionnellement le poète maudit pour pouvoir prétendre à la "révolte" et être pris au sérieux sous le ciel des rimeurs. L'on suggère que pour passer pour un fin lettré, un idéaliste, une âme éprise de je ne sais quelles "foutaiseuses" hauteurs, il faut admirer Rimbaud, que la chose se fait depuis plus d'un siècle, que les plus beaux esprits se sont inclinés devant Rimbaud et que railler ses vers qu'un tapage séculaire a fini par consacrer au panthéon des demi-dieux versificateurs relèverait du crime de lèse-poète...

C'est que, voyez-vous, je n'ai pas pour habitude de bêler avec le troupeau des initiés. Le messie de cette espèce de secte littéraire fût-il Monsieur Rimbaud.

Je préfère encore passer pour un imbécile solitaire, héroïque dans mon hérésie, plutôt que paître tel un ruminant à la solde de Rimbaud dans les grasses contrées de la poésie dispensée en granulés. Me distinguer de la sorte plutôt que me fondre dans la foule d'admirateurs anonymes, trompeter seul au fond des bois plutôt que joindre mes bêlements à ceux de l'étable, voilà ce qui sied au bel esprit que je suis.

Raphaël Zacharie de Izarra

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3 - RIMBAUDERIES

Entrons dans le texte, à vif. Face à vous mes chers adversaires je veux bien admettre mes torts éventuels, ma prétendue insensibilité, mon hérésie supposée, mais alors chers détracteurs répondez-moi avec clarté, sans vous défiler derrière un langage abscons : je vous soumets les vers que j'estime les plus ridicules -à ma connaissance- de Rimbaud.

"Je fis un voeu : mes ailes d'Empyrée toutes trouées
Ma fiole couverte de l'or des horizons funestes
Et célestes me mirent de glace en échos nets
Je vis un feu où se regardait l'oiseau des rouées."
(Rimbaud)

Dites-moi ce qu'ils vous inspirent. Persuadez-moi de leur prix.

Si vous ne les jugez pas sots ces vers, c'est que pour vous tout ce qui est pondu par Rimbaud vaut parole d'Evangile. Ce qui serait une attitude parfaitement imbécile, n'est-ce pas ? Aussi j'attends des beaux esprits qu'ils dénoncent l'ineptie lorsque cela est justifié. Or il serait justifié que vous crachiez précisément sur ces vers de Rimbaud car moi je les trouve mauvais.

Et si vous les jugez ridicules ces vers, alors dites-le, mais dites-le avec verve, panache, véhémence et non à demi mots comme le font les lâches admirateurs de leurs "chers maîtres", ainsi que des petits toutous aliénés à la cause d'un seigneur qui les enchaîne.

A ceux qui après avoir pris contact avec moi (raphael.de-izarra@wanadoo.fr) seront prêts à relever le défi : toute dérobade de votre part signifiera que je serai sorti vainqueur de cette polémique. Passez l'épreuve de ces quatre vers (la seule flèche qui vaille au milieu des gesticulations et conceptions théoriques sans portées). C'est au pied du mur que l'on démasque les imposteurs. Fi ! des beaux discours, mettez-vous à l'oeuvre sans tarder ! Défendez avec rage et éclat la cause qui vous est chère, je vous attends !

Je serais curieux de voir les effets qu'ont sur mes contradicteurs ces rimes que j'ose qualifier de grotesques. Car il faut oser, plutôt que sottement subir. Oser contredire l'autorité, même l'autorité poétique. C'est que je ne m'aliène pas si aisément à des auteurs, aussi prestigieux soient-ils.

Sur ces rimes que je vous ai jointes, seuls vos éventuels avis trancheront. Toute pirouette émise pour contourner l'épreuve en dira long sur le vide que vous inspirent ces vers... Que trouvez-vous d'estimable dans ces vers grotesques et incompréhensibles de Rimbaud ? Courageux détracteurs, je vous laisse la parole (raphael.de-izarra@wanadoo.fr).

Raphaël Zacharie de Izarra

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4 - RIMBAUD, CE RIGOLO

Osons désacraliser le "Bateau Ivre", et "Une saison en Enfer" de ce plaisantin de Rimbaud. A part ses traffics d'armes et autres méfaits crapuleux, de quoi peut-il se targuer ce rimailleur plein de sempiternelles "hideurs", les poches pleines de trous ? Je lui trouve le haillon un peu trop facile à ce joli. Sa semelle est bien trop usée pour être honnête.

Dehors les imposteurs de la poésie avec leur charabia poétisant, avec leurs émois mesquins de morveux attardés ! Un bon poète est un poète qui sait se mettre à la portée des gens SIMPLES et SENSES comme moi.

Je n'entends rien au "Bateau Ivre". Ca n'est pas moi qui suis un mauvais lecteur, c'est Rimbaud qui est un imbécile.

Raphaël Zacharie de Izarra

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5 - L'IMPOSTURE CHEZ RIMBAUD

Il est arrivé à Rimbaud de composer des poèmes de choix, je ne le nie pas un instant.

Mais que dire, pour prendre un exemple célèbre, du «Bateau ivre» ? Qu'ont bien pu inventer les exégètes pour donner du prix à ce charabia ? Par quels chemins tortueux ces parfaits érudits sont-ils passés pour réussir le tour de force d'étaler et de vendre sans complexe, et au prix fort, leur science quant à la valeur de ce baratin versifié ? Comment peuvent-ils faire illusion aussi longtemps sans faire naître une saine, salutaire suspicion ? Pour moi cette oeuvre est tout simplement digne d'un canular de potache.

Il est vrai que l'ancienneté de l'oeuvre, le prestige de son auteur, son particulier retentissement dans les couloirs des lycées (contribuant ainsi à en faire une espèce de légende calibrée répondant parfaitement aux goûts du siècle, surtout chez les pubères émotifs un peu fragiles) lui confèrent un cachet poétique qui trompe tout le monde.

Les «connaisseurs» admirent le "Bateau ivre", qu'ils soient simples ignorants ou bien éminents docteurs en lettres. Dans les deux cas nous avons toujours affaire à des imbéciles victimes du tapage culturel ambiant.

Osons désacraliser ces mythes nés de la bêtise intellectuelle qui polluent notre jugement, notre sens critique, conditionnent notre pensée vers le bas et amoindrissent nos défenses mentales. Osons dire que le «Bateau ivre», c'est tout simplement un bel exemple d'âneries portées au rang de légende universelle.

J'ose affirmer que le «Bateau ivre» ne serait qu'une grossière mais efficace plaisanterie de Rimbaud. Au plus ces vers ne seraient que des banales élucubrations, des divagations égocentriques, des masturbations d'un auteur en mal de mal-être. Il était à la mode à l'époque de Rimbaud de jouer les poètes maudits et incompris, à la pensée éthérée, hermétique (en un autre temps pas si éloigné de Rimbaud, il était de bon ton pour les marquises et les dames du monde d'avoir des "vapeurs "). Le «Bateau ivre» n'est que le Veau d'Or de la poésie : une incommensurable hérésie.

Le triomphe de la vérité est parfois au prix de quelque apparent sacrilège. J'ose lever le voile sur le «mystère Rimbaud», quitte à vous déplaire un instant en vous montrant le visage de hideur qui se dissimule sous une imposture longue de plus d'un siècle.

Raphaël Zacharie de Izarra

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6 - LA LEGENDE RIMBAUD EN QUESTION

A propos du "Bateau Ivre", remplacez donc les termes "criards" et "Peaux-Rouges" par n'importe quels autres termes un tant soit peu pittoresques, et vous obtiendrez les mêmes réactions admiratives et béates chez les lecteurs dénués de sens critique. Et les mêmes explications savantes des grands docteurs en littérature. La tête couverte d'un beau chapeau, le coeur léger et la plume lourde, Rimbaud pouvait tout à sa guise semer de glorieuses sornettes au vent de la Littérature : pourvu que son nom soit apposé au bas de ses oeuvres, elles feront toujours l'objet d'études universitaires prétentieuses et stériles. En ce domaine Rimbaud est promis un bel avenir, n'en doutons pas.

Raphaël Zacharie de Izarra

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7 - RIMBAUD A L'EXAMEN

(Critique argumentée de la présentation par Jacques Rivière et Verlaine des "ILLUMINATIONS" de RIMBAUD ou procès des exégètes rimbaldiens.)

Voici ce qu'un spécialiste de RIMBAUD a pondu sur ce plaisantin de Charleville, discours applicable à n'importe quel texte "charabiatisant" :

"Ces poèmes sont complètement dépourvus d'égards, c'est à dire qu'en aucun point ils ne s'inclinent, ils ne se dérangent vers nous. Aucun effort pour faire passer dans notre esprit les spectacles qu'ils recèlent ; ils sont écrits au mépris de toute sociabilité ; ils sont le contraire même de la conversation. On y sent quelque chose de fidèle à on ne sait quoi. Ce sont des témoins. Ils sont disposés comme des bornes qui auraient servi à quelque repérage astronomique. Il faut prendre le petit livre des Illuminations comme un carnet échappé de la poche d'un savant et qu'on trouverait plein de notations mystérieuses sur un ordre de phénomènes inconnus. Nous n'étions pas là. Nous passons par hasard. Nous ramassons ces reliques inestimables qui ne nous étaient pas destinées."
(Jacques Rivière)

Il suffit qu'un recueil de baragouinages soit signé "RIMBAUD" pour que d'éminents spécialistes se persuadent de sa très haute valeur littéraire. L'auto-suggestion fonctionne à merveille. N'ayant rien à dire sur le fond, ils rédigent d'élogieuses pirouettes contribuant à donner encore plus de lustre aux "pages immortelles" qui décidément, ne les inspirent pas plus que ça... Au vide rimbaldien ils répondent par le vide de l'exégète. Remarquons que l'auteur Jacques Rivière s'en sort ici assez grossièrement. Il ne dit rien, n'éclaire pas, ne sait rien lui-même sur le texte de Rimbaud. Il se contente de justifier les vers rimbaldiens par des phrases oiseuses qui en disent long sur son habileté à retourner les situations les plus improbables. Ou l'art d'interpréter un texte absurde pour en faire un phénomène littéraire... Admirons ce déploiement de vent au sujet de Rimbaud.

Verlaine quant à lui n'est pas plus inspiré, cautionnant la sottise de son ami en ces mots immortels :

Le mot Illuminations est anglais et veut dire gravures coloriées, - colored plates : c'est même le sous-titre que M. Rimbaud avait donné à son manuscrit. Comme on va voir, celui-ci se compose de courtes pièces, prose exquise ou vers délicieusement faux exprès. D'idée principale il n'y en a ou du moins nous n'y en trouvons pas. De la joie évidente d'être un grand poète, tels paysages féeriques, d'adorables vagues amours esquissées et la plus haute ambition (arrivée) de style : tel est le résumé que nous croyons pouvoir oser donner de l'ouvrage ci-après. Au lecteur d'admirer en détail.
(Verlaine)

On n'en saura pas plus. Verlaine nous demande de lire, d'admirer... Certes. Suivre ce sage conseil suffira-t-il pour emporter l'adhésion des beaux esprits ? Je rétorquerai à Monsieur Verlaine qu'il ne suffit pas de nous proposer d'admirer, encore faut-il que nous les recevions en plein coeur ces fameux mots rimbaldiens, et non pas que nous les adoptions sottement les yeux fermés, ébranlés que nous serions par tant de subtilités poétiques, insaisissables pour les non initiés... Comment un auteur comme Verlaine peut-il se fourvoyer à ce point, se ridiculiser de la sorte, s'exposer avec une telle légèreté au jugement des générations futures de plus en plus aptes à la critique ? Votre statut de grand poète ne vous garantit pas de vos propres âneries, Monsieur Verlaine !
Notons le trouble de Verlaine quand, prudent dans la sottise, il précise : "tel est le résumé que nous croyons pouvoir oser donner de l'ouvrage ci-après". Il se ménage tout de même une commode issue. On ne sait jamais, des fois qu'on se serait trompé sur ce prétendu génie nommé Rimbaud... Sot mais avisé, Verlaine !

Ces deux exemples pris au hasard suffiront-ils pour commencer à semer le doute chez mes détracteurs quant à la vanité des textes sibyllins du sieur Rimbaud ? La mauvaise foi il est vrai aveugle plus durablement les faux envoûtés amoureux des arabesques verbales de Rimbaud que la vérité qui, se révélant dans un seul éclair, éblouit les vrais initiés une seule seconde, ce qui a le don de leur redonner la vue pour la vie entière...

C'est que l'illumination, la vraie, est fugitive. Et la bêtise profonde comme les puits d'ignorance.

Raphaël Zacharie de Izarra

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8 - RIMBAUD DEREGLE

Penchons-nous sur la fameuse et fumeuse phrase de Rimbaud :

"Le Poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens."

Moi je prétends que le poète ne voit bien qu'avec le bec ténu de sa plume et surtout avec la folle maîtrise de tous ses sens dirigés vers les hauteurs accessibles à ses semblables. Un poète qui se fait passer pour un mage n'est plus un poète mais un maladroit augure. Le vrai chantre des couleurs et des profondeurs n'a pas la semelle planant dans les nues mais les pieds sur terre en compagnie de ses frères humains aux mains calleuses. Celui qui se réclame de Rimbaud n'est qu'un singe à la grimace usée, un gugusse au numéro éculé, un gros pigeon déplumé.

Je défie quiconque de décrocher les astres en naviguant sur quelque "Bateau ivre" ou en traversant je ne sais quelle inepte "Saison en enfer". J'invite au contraire les beaux esprits et bonnes volontés poétiques à cheminer sur mes pas à la rencontre des chants cosmiques. Ne pas dévier des rails qui mènent à la sérénité olympienne, voilà mon credo. La Poésie est harmonie, paix, éclat et non chaos, ténèbres, effroi.

Les disciples de Rimbaud sont de sots laudateurs qui voient des mirages dans les fumées de l'aube, des fantômes en plein midi et des chimères dans les vapeurs du soir, trompés par le "grand mousse de Charleville" se prenant les pieds dans les voiles de son radeau voguant nul ne sait-où...

Cessez de feindre les érudits touchés par la grâce rimbaldienne, vous les fats admirateurs pleins de vagues émois car en vérité je vous le dis, le vrai génie est dans l'éclat de la simplicité.

Raphaël Zacharie de Izarra

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9 - L'IMPOSTURE DE L'AUTORITE

Ceux qui parmi vous se laissent impressionner par les morts, par les magiciens ou par les poètes ne sont que des sots. Certes, j'admire et apprécie à leur exacte valeur les oeuvres de Hugo, de Chopin, de Bach... Cependant je ne m'aliène pas à ces auteurs. Les imposteurs sont partout, qui cherchent à se faire passer pour des petits dieux.

Les étoiles n'ont aucun droit sur ma destinée individuelle, pas plus que les vermisseaux. Ni les Einstein ni les Mozart n'ont à faire la loi chez moi : ils n'ont aucun privilège de plus que le premier venu. Le génie des autres ne leur confère nullement d'autorité sur ma personne. Les talents inédits de mes semblables ne m'ôtent pas le moindre droit d'être ce que je suis. Par exemple, ici je destitue la beauté pour faire triompher la laideur. Ailleurs je restaure cette beauté déchue pour vouer la laideur, hier tant admirée, à la géhenne : là est mon inaliénable, glorieuse liberté. Faites de même et comme moi raillez sans vergogne vos plus chers maîtres, et vous deviendrez des oiseaux d'envergure.

Je crache irrespectueusement sur la barbe de Homère, je tourne en dérision le couronnement des têtes pleines de majesté et je place sur le trône le dernier des mohicans, et puis je ridiculise encore les chanteurs d'opéra... Les imposteurs sans cesse tentent leurs viles séductions sur les foules. Les poètes sont des imposteurs, les artistes sont des imposteurs, les grands hommes sont des imposteurs, les camionneurs sont des imposteurs. Les imposteurs sont partout. Osez penser par vous-mêmes. Bâtissez vous-mêmes vos propres cathédrales et cessez de vous agenouiller devant ces statues de sel qui vous rendent infiniment ridicules.

Inventez vos étoiles, devenez votre unique référence ou fabriquez vos dieux. Mais cessez d'être obligés de vous sentir écrasés par le poids des statues nées avant vous... Soyez libres, apprenez à penser seuls, affranchissez-vous de l'autorité qui à vos yeux est la plus sacrée, volez de vos propres ailes.

Trop de blouses blanches, de peaux rouges, de légions d'honneur, de simples troufions, de grands mathématiciens, de couronnes posées, de têtes coupées, de verts académiciens et de prix inestimables abusent de leur pouvoir pour impressionner le naïf, l'idiot, le borgne. Les vierges salaces et les débauchées effarouchées, les soldats kaki et les soleils de plomb, les empires et les républiques, les ecclésiastiques et la carotène, les avocats marrons et les rouges pompons, tous sont des imposteurs qui veulent votre soumission à leur cause.

Il faut simplement le savoir et surtout leur montrer que l'on sait. Mais je sais bien que nul ne me croit parmi vous... Alors dormez bien tous, jolis petits pourceaux, tendres petits agneaux, dociles petits veaux que vous êtes.

Demain l'on vous égorgera.

Raphaël Zacharie de Izarra
Permalien Mercredi 5 juillet 2006 @ 12:06
Commentaire de: Raphaël Zacharie de Izarra [Visiteur] · http://espritlibre.foxoo.net/plume
TF1, CHAÎNE DES MINUS

Sur TF1, les jeux les plus ineptes ont acquis leurs lettres de noblesse. Les candidats rêvant de canapés en cuir et de téléviseurs avec écran plasma géant n'éprouvent pas la moindre honte à exhiber leur médiocrité, leur nullité, leur inanité à la France entière. Du moins à la France des millions de têtes beuglantes qui leur ressemblent et qui bavent d'envie devant les trésors vulgaires qu'on propose de faire gagner aux "sympathiques candidats" hilares et fébriles qu'ils incarnent...

Les présentateurs de chez TF1 sont des abrutisseurs de foules, de parfaits ratés qui prennent leur revanche en aliénant des millions de leurs semblables. Minables animateurs de quinzaines commerciales recyclés dans la présentation de jeux télévisés, marchands de lessive dans l'âme, ces incultes aux moeurs béotiennes sont pris pour des petits dieux par ceux qui religieusement les font apparaître sur leurs écrans avec cette crétine délectation qui est la marque de l'authentique petit esprit, espèce commune particulièrement détestable directement affiliée à la gent bovine quant aux étonnantes aptitudes ruminantes.

Le petit esprit est en général un français moyen, un citoyen de base sans exigence ni hauteur de vue qui vingt fois par jour mérite de recevoir de salutaires coups de bottines au cul de la part des belles gens de mon espèce qui ont l'heur d'arborer dentelles fines et particule.

A la différence de ces minus pleins de mollesse et d'aspirations mesquines que je raille sans remords, je répands venin hautain et idées brillantes pour m'opposer avec énergie aux bassesses lénifiantes que diffuse criminellement la chaîne commerciale TF1. Eux, les petits esprits aliénés à la propagande "lessivière" de TF1, ne sont capables que de sourire à ces vendeurs de poudre à laver qui leur font les yeux doux... Pauvres animaux d'élevage qu'ils sont devenus, misérables bestiaux humains engraissés dans l'étable TF1 ! Je leur crache au visage un fiel distingué et corrosif issu du fond de mon âme éclatante, et cela a pour effet d'accentuer leur sourires d'imbéciles... Ils sourient de sotte béatitude, persuadés que leur bave de bovidés aura raison de mes crocs salubres. Alors je les laisse baver, baver, baver jusqu'à ce que la morve de leur pensée les ramollisse encore plus, avant de les noyer jusqu'au cou.

Ils ne souriront plus quand, tout gorgés qu'ils seront de viscosités cavicornes, je viendrai leur asséner l'ultime et fracassante vérité qui dans un sursaut de dignité les rendra à leur humanité perdue :

"TF1 ayant fait de vous les réceptacles dociles et bêlants de mes mots les plus durs, permettez qu'en outre je déverse sur vos têtes cornues le contenu copieux et odoriférant des chiottes de la pensée que promeut votre chaîne favorite afin que dans une vision fulgurante et rédemptrice vous voyiez en vous non seulement de placides bovins avides de granulés télévisuels, mais également de pauvres pigeons aux ailes couvertes de votre propre merde, cette merde vôtre quotidiennement malaxée et régurgitée par TF1".

Raphaël Zacharie de Izarra
raphael.de-izarra@wanadoo.fr
Permalien Mardi 18 juillet 2006 @ 13:51
Commentaire de: marie [Visiteur] · http://www.monde-crane.org
tu as oublié
dostoievski
henry miller
knut hamsun

je le dis à tarkovski (j'aurais pu écrire à chatwin) parece qu'ils se lient inexplicablement en moi

voir aussi gilles clément (jardinier)

merci
j'ai bien ri à jeanne d'arc
Permalien Jeudi 24 août 2006 @ 16:58
Commentaire de: marie [Visiteur] · http://www.monde-crane.org
il manque
dostoievski
henry miller
knut hamsun

je le dis ici mais j'aurais pu le dire à chatwin (parce qu'ils sont inexplicablement liés en moi)

manque aussi
gilles clément, jardinier
et akira kurosawa, cineaste
merci, j'ai bien ri à jeanne d'arc
Permalien Jeudi 24 août 2006 @ 17:00
Commentaire de: Raphaël Zacharie de Izarra [Visiteur] · http://espritlibre.foxoo.net/plume
ELOGE DE L'INSIGNIFIANCE

(En signe de protestation constructive aux vaniteux qui me reprochent une certaine "insignifiance", je leur propose ce texte qui glorifie ce qu'ils désignent subjectivement comme une tare. Pourquoi décréter sottement que l'insignifiance est une triste chose alors qu'elle fait partie de l'Homme, qu'elle participe aussi de sa grandeur, précisément parce qu'elle est humaine et qu'elle souligne la riche réalité des êtres multi facettes que nous sommes ?)

L'insignifiance libère le mortel du poids de l'existence. Elle affranchit celui qui s'y adonne des lourdeurs de son époque, des vanités de sa condition, des devoirs mondains.

Se complaire dans le RIEN, le PEU, le DERISOIRE, c'est s'élever dans sa propre estime plus que dans celle des autres. C'est se regarder en face avec courage au lieu d'adresser à autrui ces sourires en forme de grimaces.

Exister à travers ragots, médiocrités, pitreries pitoyables, c'est renoncer à la mascarade officielle consistant à résonner plus fort que le clocher. Moi je me sens exister dans mes petitesses, petit à petit, détail après détail, instant après instant. Je ne rate aucune virgule dans le grand livre des phrases creuses et des mots vides de mon existence : je savoure les effets infinis du vent émis...

Le VENTEMI.... Mot vide de sens qui coule comme une eau claire ! Le VENTEMI... Les EFFETINFINI du VENTEMI... Ça passe et ça fait passer des trains de vapeur, ça laisse des traits de fumée, des trous de brume, des traces de rosée. Ce rien avec lequel je remplis tout. Ce rien dont je fais le monde. Ce rien qui meuble et ma chambre et l'air, et ce texte et ma pensée.

Certains agitent l'air et appellent ça de la poésie. Moi j'appelle leur poésie du rien. Mais du vrai rien : du rien du tout.

Passe-temps vicieux des sans coeur qui se croient pleins d'amour pour le verbe, trop souvent la poésie leur fait croire à des merveilles en toc. Ils y croient dur comme fer, allant jusqu'à écrire à l'encre de Chine leurs mots immortels... Qui meurent sur place, sitôt séchés dans leur sillon de papier.

L'écran plat où s'affichent leurs états d'âmes oiseux, en connexion avec la planète entière, leur donne l'illusion de la profondeur. Serais-je le seul à ne pas me prendre au sérieux ?

C'est leurs regards lointains qui les rendent ridicules, ceux-là qui se prennent pour des plus que des "rien-du-tout"... Incapables de se voir posés sur leurs deux pieds, ils préfèrent voiler leur réalité avec de flatteuses fumées. Alors ils se donnent des pseudonymes effarants, des allures hallucinées... Ils s'imaginent des destins, des histoires, des mystères... Ils se conçoivent avec des artifices, singent les princes, portent d'étranges chapeaux...

Et après cela ils ont l'audace de me reprocher mon insignifiance dénuée d'atours, mon vide mis à nu, mon vent sans voile ! C'est que tous à travers leurs délires d'importance ont oublié l'essentiel : l'homme est un aussi fétu, un feu, un pantin.

Tout de paille.

Raphaël Zacharie de Izarra

Permalien Dimanche 19 novembre 2006 @ 00:52

Les commentaires sont fermés pour cet article.

Dominique Autié
Dominique Autié
Quand le labeur
de vos journées
et les lectures
de vos nuits
vous tendent un seul
et même miroir
qui est l’écran
de votre ordinateur,
il y a urgence
à créer votre blog :
grâce au premier internaute
qui vous rend visite,
le cercle
cesse d’être vicieux.

Dominique Autié
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