blog dominique autie

 

Vendredi 1 septembre 2006

08: 48

Présentation à Gargas
de l'Homme-aux-liens
– 2
…………x• Le titre complet de la partition – cliquez ici.

……………………………………………………………………....• L'argument – cliquez ici.

……………………………………………………………………....• La partition – cliquez ici.

 

Lire Les Mains négatives
à Gargas

 

duras_gargas
Lire les précédentes chroniques
consacrées à Gargas
– Cliquer ici.

Mercure de France, 1979.……….

……….
Le site des grottes de Gargas
Cliquez ici.

 

 

 

Qu'en ce bas monde la piété – qui est une belle posture de l'homme – trouve à s'exprimer loin des chapelles, des intégrismes et des sectes qui souvent les peuplent, qu'elle déroge soudain à toute routine, cela m'est un motif de joie profonde.

Lors de la première, le 23 août, l'épreuve m'a pris au dépourvu : cinq « stations », sur les sept prévues, avaient été franchies sans encombre – si ce n'est la voix, si difficile à placer dans un tel espace, qui requit l'essentiel de mon attention ; je me suis félicité d'avoir préparé chaque texte, remplaçant la ponctuation par des blancs, par des signes dont j'avais improvisé le code à mon seul usage, dans un corps de caractères assez ample pour rester lisible dans des conditions extrêmes, dirait l'autre. La dernière partie du programme s'amorçait, je me croyais tiré d'affaire.

Ce fut donc, pour le public, l'étape devant la grande anfractuosité oblongue, dans la roche, que zappent toutes les descriptions officielles de la grotte (un homme de Gargas a pénétré dans cette vulve de la Terre, deux fois plus haute que lui, l'a entièrement vaporisée d'oxyde de fer). Comme pour les autres lectures, j'attendais en avant, dans la pénombre, que Yoan Rumeau ait terminé sa présentation archéologique et répondu à d'éventuelles questions.

Dès l'amorce du poème de Marguerite Duras, j'ai perçu que je n'étais plus qu'un corps conducteur, ainsi qu'il en va en électricité : un fragile fusible, c'est l'image qui m'est venue, je l'ai dit ici, déjà. Ma voix transmettait l'influx des parois aux séquences du poème – et retour, courant alternatif : des mots aux signes qui leur ont donné souffle, qui les ont inspirés [1].

À la fin, me dirigeant vers la grande paroi des mains, pour le finale, j'ai senti que les jambes me manquaient, j'étais vidé : une énergie qui n'était pas la mienne m'avait traversé de part en part durant les quatre minutes et vingt secondes (temps chronométré ici, en préparant ce programme) qu'aurait dû prendre la lecture des Mains négatives – il se peut que j'aie lu plus vite, ou infiniment plus lentement, je ne saurais l'affirmer. Il me semble avoir lu ou entendu dire que les chamanes, les chiropracteurs, tous ceux qui opèrent par imposition des mains, ceux dont le corps se fait ainsi le conduit entre des forces qui l'excèdent, sortent brisés de leur prestation.

Si j'eus un mérite, ce fut celui de restituer ce texte à la grotte, qu'il s'agissait d'honorer cet été. Il me semble que nous n'avons fait ce soir-là, dans une sobre discrétion (le public, limité à une vingtaine de personnes pour des contraintes de conservation, rendait la cérémonie pour ainsi dire intime, presque secrète…), que venir recharger le chant magnifique de Marguerite Duras de cet amour indéfini (elle le proclame au cœur de son texte ), qui est l'énergie même des Mains négatives.

 

 

Partition de Dominique Autié
pour la lecture
du poème Les Mains négatives
de Marguerite Duras


Cliquez ici.


Les Mains négatives, dans Le Navire Night,
Le Mercure de France, 1979, pp. 103 sq. © Le Mercure de France [2].

 

 

[1] Yoan Rumeau m'a indiqué mercredi que la grotte d'El Castillo, en Espagne (à Puente Viesgo, Cantabrie), par sa localisation à proximité de la côte atlantique, convient peut-être mieux que Gargas, du moins dans une approche littérale du poème. Ce qui a provoqué l'écriture de ce texte n'est certainement pas une inconnue dans la biographie de Marguerite Duras. Yoan Rumeau me confirme qu'en revanche il est peu probable qu'il fût jamais lu dans la grotte d'El Castillo, ainsi qu'il l'a été à Gargas cet été grâce à l'initiative des organisateurs du centenaire de leur découverte scientifique.
[2] J'ai conscience d'écorner en la circonstance des principes, qui ont force de loi, en matière de droit d'auteur – que je m'attache à respecter scrupuleusement par ailleurs, ici même, invitant à l'occasion à ce qu'on les connaisse mieux pour mieux les respecter. C'est pourquoi je donne à voir la partition que j'ai conçue, à mon usage, pour faire une lecture orale de ce texte, par deux fois, devant un public qui n'a pas excédé, en tout, une quarantaine de personnes. J'ai distribué à chacune d'elles, à la fin de ces deux visites, un feuillet sur lequel figurent les références complètes, avec indication des pages dans l'édition utilisée, des textes que j'ai lus, renvoyant à l'édition actuellement disponible en librairie, selon le cas. Pour Les Mains négatives de Marguerite Duras, les propos qui m'ont été adressés par plusieurs participants, bouleversés par ce texte, me permettent de penser qu'autant d'exemplaires de l'ouvrage (disponible en librairie), dont la couverture est reproduite ici en vignette et agrandie en zoom…, seront acquis en librairie dans les jours à venir. Je m'estime moralement quitte, même si la lettre de la loi (non tout à fait l'esprit [sont concernés, ici, les droits patrimoniaux de l'auteur et de l'éditeur qui les exploite, non le droit moral]) reste, en dépit de mon artifice visuel, froissée.

 

Marguerite Duras,
d'après cliché D.R.

 

………main_gargas_index……………
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Commentaires:

Commentaire de: cedric [Visiteur] · http://rienquemonmonde.hautetfort.com/
"...des intégrismes et des sectes qui souvent (...) les peuplent,..."

Manquerait-il un verbe à placer entre les parenthèses?

Bien à vous.
Permalien Vendredi 1 septembre 2006 @ 11:53
Commentaire de: cedric [Visiteur] · http://rienquemonmonde.hautetfort.com/
Désolé, j'ai dû mal lire la première fois. Je viens de comprendre la construction de la phrase. Si j'ai bien saisi, ce sont "des intégrismes et des sectes" qui peuplent "des chapelles".

Au temps pour moi.

J'espère que ça ne vous ennuie pas que je ne commente que la forme et jamais le fond?

En tout cas je prends plaisir à vous lire.
Permalien Vendredi 1 septembre 2006 @ 14:59
Commentaire de: admin [Membre]
Bonjour à vous.
Non, vous n'avez pas mal lu, mais que vous butiez ainsi m'indique que ma phrase est boiteuse. Il conviendrait d'écrire, pour être tout à fait rigoureux : … loin des intégrismes et des sectes qui peuplent celles-ci (ou ces dernières) mais convenez que c'est assez laid et pataud. Et ce serait pointer pour le privilégier en seconde instance l'un des deux sens possibles du mot chapelle : le petit groupe qui professe de façon exclusive une théorie – mon utilisation première du mot, ici – et le bâtiment relevant de l'architecture religieuse, vers lequel la phrase s'est lancée, dans une sorte de glissade que j'aime suivre (souvent aux dépens de mon lecteur) : qu'il s'accroche !
Me relisant sur votre invitation à le faire, je suis, en revanche, plus gêné par une rupture (ou un éloignement) dont je n'avais pas, ce matin, en achevant de rédiger cette page, mesuré les conséquences pour le lecteur : la reprise … qu'elle déroge soudain à toute routine…, calquée sur la période intitiale (Qu'en ce bas monde la piété…) est par trop disjointe de cette dernière par la séquence que vous épinglez. On a perdu entre-temps l'impulsion initiale, je le crains. Il faudrait renoncer à l'un des deux effets.
Merci de votre lecture. Je suis assez formaliste pour connaître le prix d'une remarque formelle. Le sens n'est rien sans la force plastique de la forme.
D.A.
[Je laisse le texte en l'état. Le lecteur attentif et exhaustif trouvera notre dialogue, qui lui enlèvera cette épine dans la langue, s'il l'a ressentie comme vous.]
Permalien Vendredi 1 septembre 2006 @ 15:31
Commentaire de: P.D [Visiteur]
Pourquoi nous affliger avec la photo de cet épouvantable bas-bleu ? Oui, pourquoi Dominique ? Le monde a donc été si cruel avec vous ? Ou est-ce nous qui sommes de mauvais lecteurs qu'il faut punir absolument ?
Permalien Samedi 2 septembre 2006 @ 16:18

Les commentaires sont fermés pour cet article.

Dominique Autié
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