blog dominique autie

 

Mardi 30 janvier 2007

07: 37

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xDe choses esmerveillables

 

 

…………………………………II

 

Les éléphants de Pline

 

 

 

 

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Chaque animal a son adresse particulière, qui est merveilleuse, et dont voici un exemple. Le serpent a de la peine à se hausser jusqu'à l'éléphant : aussi épie-t-il la route que se frayent les éléphants pour aller paître, et il se jette sur l'un d'eux du haut d'un arbre. L'autre sait qu'il ne peut livrer qu'une lutte inégale contre cette étreinte ; aussi cherche-t-il à broyer son adversaire contre des arbres ou des rochers. Le dragon s'en méfie, et il commence par entraver avec sa queue la marche de l'éléphant. Celui-ci défait les nœuds avec sa trompe. Mais le dragon lui enfonce sa tête dans les narines, et du même coup lui ferme la respiration, et le blesse dans ses parties les plus vulnérables. Quand il se trouve surpris en chemin, le serpent se dresse contre son adversaire et vise surtout les yeux ; de là vient qu'on trouve souvent des éléphants aveugles, consumés par la faim et le chagrin. Quelle raison apporter d'une telle inimitié, sinon que la nature se compose pour elle-même le spectacle de ces duels ?

Les éléphants ne connaissent pas l'adultère, et ne se livrent pas pour les femelles de ces combats mortels chez les autres animaux : non qu'ils ignorent la puissance de l'amour, car on cite un éléphant qui fut amoureux d'une marchande de couronnes ; et ne croyez pas qu'il l'eût choisie au hasard : elle était la favorite du célèbre grammairien Aristophane. Un autre fut épris de Ménandre, jeune Syracusain qui servait dans l'armée de Ptolémée, et, quand il ne le voyait pas, il manifestait son regret en refusant de manger. Juba raconte qu'une parfumeuse fut aussi aimée par l'un d'eux. Tous donnèrent des preuves de leur affection : joie à la vue de la personne aimée, caresses naïves, pièces de monnaie qu'on leur avait données, mises en réserve et répandues dans le giron de leurs amours.

 

»




Pline l'Ancien,
Histoire naturelle, livre VIII, 33, 13-14,
texte établi, traduit et commenté par Alfred Ernout,
collection des universités de France
publiée sous le patronage de l'Association Guillaume Budé,
Les Belles Lettres, 1952.

 

 

 

En ouverture de la page :
Le Livre des conquestes et faits d'Alexandre le Grand,
manuscrit fr. 9342, Bibliothèque nationale de France. Planche XV (fol. 135).
Reproduite dans le Conquérant de l'Absolu, Alexandre Le Grand – La vie légendaire, traduite du grec, présentée et commentée par Jacques Lacarrière, avec une étude de Christiane Raynaud sur les enluminures du manuscrit fr. 9342 de la Bibliothèque nationale [de France], éditions du Félin, 1993.

Le Voyage en Inde d'Alexandre le Grand, textes d'Arrien traduits et commentés par Pascal Charvet et Fabrizia Baldissera, Nil Éditions, 2002.

 

Argument aux Mirabilia

I L'Arbre à Canards

 

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Commentaires:

Commentaire de: Innocent Pidiblue [Visiteur]
La vie des éléphants savants ressemble étonnamment à celle des blogueurs !
Permalien Mardi 30 janvier 2007 @ 14:45
Commentaire de: le normand [Visiteur]
Pensez-vous que la grève de la faim puisse être un remède contre un trop profond silence ? Guérirait-elle une mémoire d'éléphant trop sensible ?
Permalien Mercredi 31 janvier 2007 @ 13:08
Commentaire de: Saïd Mohamed [Visiteur]
J'ai vu un éléphant maltraité par un cornac partir à la nage au milieu du lac de Jaïpur.
Et le total abandon dont il font preuve lors de leur toilette laisse à penser qu'ils ont une confiance totale en leur soigneur.
Pourquoi ne seraient-ils pas doués d'affection?
La paisibilté de ces animaux et vraiment trés émouvante.
Quand à l'entrée des temples toute la journée d'un geste machinalils bénissent les dévôts en posant leur trompe sur les têtes qui s'inclinent devant eux.
Permalien Mercredi 31 janvier 2007 @ 23:11
Commentaire de: Claude [Visiteur] · http://leseauxvives.blogspirit.com
On reconnait là tout l'art de Pline l'Ancien, la finesse de son texte à la fois une allégorie de la prédation et du cycle de vie entrainée du plus petit au plus gros animal et une description dans le premier paragraphe. On y ressent le stoïcisme de l'inéluctable.
Par contre le deuxième paragraphe utilise des métaphores de toute évidence Epicurienne introduites dans la première stophe "consumés par la faim et le chagrin", la faiblesse des éléphants sensibles à l'amour.
La morale n'en reste pas moins fulgurante et par cet animal fabuleux démontre par l'allégorie combien nous sommes esclaves de ce sentiment...Même les éléphants. Sourires vers vous Dominique pour ce joli texte de cet érudit encyclopédiste!
Permalien Jeudi 1 février 2007 @ 19:53

Les commentaires sont fermés pour cet article.

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