blog dominique autie

 

Vendredi 16 mars 2007

06: 44

 

Du spam


Courts manuels portatifs de survie
en milieux hostiles – 26

 

syphilis

 

 

Depuis que ce blog existe [1], à l'écart des plateformes d'hébergement spécialisées, j'ai pris la mesure des privilèges que me vaut ce mode de gestion. À la lumière des deux sites professionnels créés dans la foulée (dont notre site d'entreprise) avec le même logiciel open source, j'ai eu l'occasion de mettre à mal, pour nous-mêmes, ici, nombre d'idées reçues concernant, entre autres, les critères qui régissent la visibilité d'un site par les moteurs de recherche – des idées, pour l'essentiel, propagées par les prestataires du secteur, dont l'intérêt bien compris exige qu'ils se rendent incontournables. Quand je bute sur quelque difficulté technique dans un projet de mise en page, je le dois à mes limites d'autodidacte dans la programmation html, non au formatage nivelé par un informaticien qui aurait décidé – pour ne citer que cet exemple – que les commentaires d'un blog n'ont pas à être enrichis typographiquement.

Cette autonomie, précieuse à plus d'un titre, a un prix. Que voici :

spams

Un samedi matin de l'été 2006 j'ai trouvé, répartis sur d'innombrables pages du blog, plusieurs centaines de spams traditionnels ; il était possible d'en isoler un radical, dans l'adresse ou dans les liens qu'ils contenaient, pour les éliminer par séries de cinq ou de dix à l'aide de la fonction antispam. Il me fallut toutefois des heures pour assainir le site. J'ai pris le parti, ce jour-là, de fermer les commentaires des pages ainsi polluées. Comme si cela avait donné la rage à l'attaquant, d'autres salves ont suivi, toujours menées entre la nuit du vendredi et le dimanche à l'aube. C'est alors que je vis apparaître, plus systématiquement, un autre type de messages, produits par des logiciels malveillants, qui découragent toute recherche de radical, donc toute velléité d'inscription sur les listes noires des serveurs.

Ces temps-ci, des missiles ciblent les dernières pages encore ouvertes, devenues rares au fil de ce pilonnage systématique [2]. La campagne de censure touche à son terme.

Car c'est bien d'une entreprise de bâillonnement qu'il s'agit. Impossible de ne pas sentir se profiler, derrière ces concrétions tératologiques, la figure d'un des innombrables agents actifs chargés de parquer le matériel humain – et, dans le recours à cette arme biologique, une sommation à s'agréger, à rejoindre quelque domaine calibré de la Toile qui, tout en protégeant l'usager, facilite la tâche de ceux qui le surveillent. On ira jusqu'à mettre à la disposition des internautes des outils de délation, qui est une modalité tendance du lien social. Toutes raisons pour lesquelles, on le suppose, cette forme de criminalité est si peu inquiétée.

[Vaut-il encore la peine de mentionner la position qu'occupent ces spammeurs deux fois anonymes sur l'échelle de l'incivilité coprogène, juste au-dessus des propriétaires de chien en milieu urbain [3] ? Et seuls les devancent, sur le registre de l'abjection, les marchands d'armes, ces B.O.F. [4] de la sujétion économique et morale des peuples par la guerre.]

Au-delà du pré carré de la page personnelle qui affiche ses courtes limites, c'est la Toile qui semble affectée d'une de ces pathologies cutanées que donnent à voir les atlas de dermatologie et les cires anatomiques. À l'arrière-plan d'un dégoût de surface est tapi l'archaïque effroi de notre peau, susceptible de devenir dans l'instant le support de ces métastases. De telles images tirent leur pouvoir d'une contagion immédiate inoculée dans la lésion du regard qu'elles pratiquent. Le web est un tissu conjonctif, il est aussi l'épiderme qui recouvre ce tissu.

À l'écran, les pages ainsi grêlées ne laissent d'évoquer le mode de présence au monde eczémateux qu'induisent l'exercice contingenté de la raison et notre souffreteux désir de liberté.

 

 

 

[1] Première mise en ligne le 27 octobre 2004.
[2] En revanche, je maintiendrai ouvertes la plupart des pages de la rubrique Alcoolisme abstinent, afin que des personnes en difficulté avec l'alcool n'aient pas le sentiment de se trouver sur un site institutionnel aux contenus verrouillés ; ainsi que quelques autres pages qui, curieusement, restent les plus fréquentées du blog : celles, notamment, consacrées à Maria João Pires, à Karl Böhm et à… Ray Conniff
[3] Indulgence plénière, par fait du prince, à l'exclusive intention de Pélagie et de son propriétaire, dont je n'aurais sans doute pas à craindre; pour la tenue de mon seuil, qu'ils comptent l'un et l'autre parmi mon voisinage.
[4] Pour commissaire en beurre, oeufs, fromages, intermédiaire du négoce, profession jadis considérée comme « aristocratique » dans le petit monde des Halles – mais stigmatisée par le bon sens populaire comme relais inutile et parasitaire, supposée s'en mettre plein les poches et responsable de la vie chère.

 

 

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Commentaires:

Commentaire de: Olivier Bruley [Visiteur] · http://oliviermb.hautetfort.com/
Figurez-vous, Dominique, que j'ai justement appris à ma chienne Pélagie à se conduire comme un vrai petit félin : elle fait ses besoins dans une litière pour chats! (Un mâle ne saurait pas le faire, car il lève la patte.) Et s'il arrive que la bête s'oublie dans la rue, ce qui me contrarie beaucoup, eh bien, je ramasse la chose... Je ne sors jamais sans de petits sachets en plastiques dans mes poches. Car on peut tomber bien bas, c'est-à-dire au niveau du trottoir, précisément pour ne pas se trouver, dans l'échelle de l'incivilité coprogène, aussi bas que le propriétaire de chien lambda ! Votre indulgence n'avait donc rien d'arbitraire !
Permalien Samedi 17 mars 2007 @ 01:15
Commentaire de: admin [Membre]
Cher Olivier, laissons ceux dont le fonds de commerce passe par le débat participatif confondre fait du prince et arbitraire ! Je ne m'en serais pas remis de m'être trompé. Il n'était d'ailleurs pas plausible que je me trompe [je renonce, sans gloire, à l'imparfait du subjonctif qui s'imposait pourtant ici].
D.A.
Permalien Samedi 17 mars 2007 @ 06:34
Commentaire de: Claude [Visiteur] · http://leseauxvives.blogspirit.com
Beaucoup d'amusement à vous lire tous les deux. Messieurs je vous salue bien.
Je crois qu'il va falloir couper le membre Dominique, la gangrène poursuit son arborescence.
Bon dimanche
Permalien Dimanche 18 mars 2007 @ 15:37
Commentaire de: cu03lkk44c [Visiteur] · http://w150696.a630343.com/1079213.html
ksux7c7u68malr ft56jzrgotkoybf [URL=http://www.981963.com/201552.html] ffjkiuaua6baf0 [/URL] cv46ix2y
Permalien Jeudi 17 mai 2007 @ 05:17
Commentaire de: cu03lkk44c [Visiteur] · http://w150696.a630343.com/1079213.html
ksux7c7u68malr http://www.323850.com/1037488.html cv46ix2y
Permalien Jeudi 17 mai 2007 @ 05:17

Les commentaires sont fermés pour cet article.

Dominique Autié
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Quand le labeur
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de vos nuits
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