blog dominique autie

 

Mardi 22 janvier 2008

07: 55

Actualité et/ou inactualité du livre

 

 

La mort en direct
intertresetroit
par Bertrand Racine, libraire.

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[Début décembre, je me suis entretenu avec Bertrand Racine, libraire d'ancien, en sa libraire de la rue Riquet à Toulouse. Je mets la dernière main à cette page, qui devrait être publiée ici dans les tout prochains jours. Bertrand Racine m'a proposé, sans attendre, de publier ses impressions à la suite d'un salon du livre auquel il a participé ce dimanche. Je le fais d'autant plus volontiers que ce qu'il relate et les réflexions qu'il en tire illustrent de façon emblématique plusieurs questions qu'il évoque dans notre entretien – dont je souhaite qu'elles se prolongent, ici, par de véritables échanges avec celles et ceux que le destin du livre concerne. Dominique Autié.]

 

 

Ce dimanche 20 janvier 2008, j’ai assisté en direct à la mort d’un salon du livre et cet évènement grave – qui n’a heureusement pas fait d’autre victime – m’a profondément troublé.

Organisé par le Lion's Club, le salon du livre de Castelsarrasin accueillait samedi et dimanche, pour la douzième édition consécutive, une douzaine de bouquinistes et de libraires en livres anciens du Sud-Ouest, quelques auteurs régionaux, ainsi que la médiathèque et la bibliothèque sonore. À l’heure de l’apéritif, offert par la municipalité, quand tous les officiels ont pris la parole pour se féliciter de l’évènement et de son rôle important pour le progrès de la lecture et la défense de la langue française, tout était pourtant déjà consommé : le salon de Castelsarrasin était en train de vivre ses derniers instants ; tout (ou presque) s’était joué dans les premières heures de la matinée.

Trois emplacements restés vides après que leurs réservataires eurent fait faux bond, sans doute attirés par un quelconque marché de plein vent, puisque les services de Météo France avaient annoncé douceur et soleil sur le grand Sud-Ouest. Un exposant fut prié de remballer son stock dès l’ouverture, après que l’on s'aperçut qu’il s’agissait d’un particulier travaillant en toute illégalité : malgré un impressionnant stock de BD neuves et d’occasion, aucune inscription au registre du commerce, aucune assurance professionnelle et, surtout, aucune intention de régulariser sa situation ! Une assistance plus que clairsemée (une centaine de visiteurs dans la matinée), à peine curieuse (il y avait pourtant de quoi passer plus de quinze minutes sur chaque stand pour découvrir l’ensemble des trésors, petits et grands, que les libraires avaient pris le peine de réunir) et qui semblait avoir des hérissons ou des coques de châtaignes dans les poches, tant les achats furent rares et de faible niveau.

Quand les libraires s’attablèrent pour déjeuner, trois d’entre eux n’avaient pas encore « dérouillé » et la recette moyenne ne dépassait pas 100 euros. C’est dire combien l’atmosphère était morose.

Le brouillard matinal s’étant dissipé à l’heure de la sieste, les visiteurs furent un peu plus nombreux en milieu d’après-midi, sans que la fréquentation ne parvienne jamais à atteindre celle des éditions précédentes : on était loin de se marcher sur les pieds et un stand pouvait rester vide de tout curieux pendant de très longues minutes. Un premier libraire (et pas le moindre) entreprit de plier son stand vers 15 h 30, avec pour tout résultat une seule vente et 25 euros de recette. Il fut bientôt suivi par deux ou trois autres. Vers 17 heures, le mouvement était quasi général, même si nous travaillions tous plus ou moins au ralenti pour ne pas vexer les organisateurs ni décourager ceux et celles qui avaient pris la peine de se déplacer.

Au moment du départ quelques libraires, dont plusieurs étaient là depuis la première édition, prirent le temps d’expliquer au responsable du Lion's Club pourquoi ils ne reviendraient plus : frais de route, manque à gagner, fatigue, temps perdu, découragement, Internet… Découragé autant qu’il l’étaient eux-mêmes, il leur avoua qu’il n’y aurait probablement pas de treizième édition. Seuls les bénévoles, qui s’activaient à ranger les tables et nettoyer la salle, ne savaient pas qu’ils étaient en train de faire la toilette du mort.

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© Bertrand Racine, libraire.

 

 

En ouverture : Illustration pour Le Conte du Tonneau de Jonathan Swift (« Bataille entre les livres anciens et modernes dans la bibliothèque de St-James »), 1704. © Le Blog du bibliophile

Lire ma mise au point dans la zone des commentaires (trente-deuxième commentaire).

 

 

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Commentaires:

Commentaire de: M.R. [Visiteur]
On ne peut que souscrire à votre remarque sur le mépris général pour les références précises et les notes de bas de page. Alors qu'on parle maintenant "méthodologie" à l'université, on attend que les étudiants arrivent en master pour leur inculquer les rudiments de la "rédaction scientifique" et le respect des normes bibliographiques. Il faudra bientôt suivre les cours de quelque "école doctorale" pour apprendre le bon usage de la majuscule et de l'italique...
Permalien Mardi 22 janvier 2008 @ 11:39
Commentaire de: iPidiblue pour qui sont ces serpents qui sifflent sur votre forum ? [Visiteur]
Que meurent les braves afin que renaissent des vivants !
Permalien Mardi 22 janvier 2008 @ 16:25
Commentaire de: Robert Marchenoir [Visiteur]
J'aimerais poser une question à Bertrand Racine et Dominique Autié. Est-ce le marché de livre ancien qui s'écroule (voire celui du livre tout court)? Ou bien passe-t-il simplement sur Internet?
Permalien Mercredi 23 janvier 2008 @ 00:48
Commentaire de: admin [Membre]
Bonjour, Robert, et merci de cette question – qui pointe certainement le seul point de divergence que je pressens entre Bertrand Racine et moi. Mais c'est parfait parce que vous lui donnez l'occasion de préciser sa pensée concernant Internet. Je pense qu'il interviendra ici dans la journée.
Pour ma part, puisque vous nous interrogez l'un et l'autre, voici rapidement mon analyse : Bertrand Racine rappelle d'emblée que la culture officielle et l'économie considère que le livre est exclusivement le livre neuf. Dès qu'il n'est plus disponible au catalogue de l'éditeur, il devient un objet d'antiquité, de brocante. Je tiens cette partition (emblématique de l'économie libérale) pour désastreuse auprès de l'image même que chacun de nous (le citoyen) peut se constituer du livre et de l'écrit dont il est un des media.
Le phénomène de désertification (des salons du livre ancien, des officines de bouquinistes) que décrit Bertrand Racine me semble sans aucun rapport avec le marché du livre neuf, engagé dans une fuite en avant souvent décrite ici, dans ces pages. À la différence de Bertrand Racine, sans doute, je ne pense pas qu'il y ait transfert sur Internet du flux de transaction des livres anciens et de seconde main (je nomme ainsi les livres sans valeur bibliophilique, récemment épuisés ou constitués d'éditions princeps brochées d'époque aujourd'hui disponibles en poche, etc.) Si c'était le cas, les libraires d'anciens et les bouquinistes seraient, depuis des décennies, des commerçants opulents à l'égal de ceux du prêt-à-porter ! Car je pense qu'eBay et PriceMinister ont généré un flux de ventes et d'achats de livres de seconde main entièrement nouveau. J'y vois, pour ainsi dire, un marché émergent qu'il appartient désormais aux professionnels, que représente ici Bertrand Racine, d'attirer vers eux. C'est une véritable reconfiguration de ce marché. C'est, surtout, peut-être, une chance précieuse de sauvegarde de bibliothèques familiales qui échapperont à la décharge parce que les ayants droit auront appris, sur Internet, que le livre a quelque valeur d'échange !
Je crois disposer de quelques éléments, sur la durée, pour tenter une premier analyse de ce qui se passe sur Internet. Je me promets de produire ici cette analyse, bientôt. Cela me semble utile. Afin, notamment, que le débat s'ouvre et se poursuive. Le sujet en vaut la peine !
Dominique Autié.
Permalien Mercredi 23 janvier 2008 @ 07:11
Commentaire de: Marc Briand [Visiteur] · http://catherine.briand.club.fr/index.html
La fuite en avant du livre neuf a une conséquence, celle de rendre le beau livre de plus en plus rare. Le très beau livre ne passe plus par les vitrines et rayonnages des bouquinistes. Le très beau livre va d'une collection à une autre via les salles de ventes spécialisées. Et pardon à Bertrand Racine qui proposait un beau Pierre Louys samedi dernier sur le marché de St Etienne. C'est l'exception qui confirme la règle.
Permalien Mercredi 23 janvier 2008 @ 09:46
Commentaire de: Jacques Layani [Visiteur]
Pour la millième fois, les acheteurs de livres ont toujours acheté des livres et achèteront toujours des livres. Comme cela, dit ainsi, a l'air stupide ! Eh bien non. Ces lecteurs (dits "gros") ont fait leur l'usage d'internet et c'est parfait ainsi. Cela ne les empêche nullement de fréquenter les librairies de neuf, les librairies d'occasion, les bouquinistes (devenus "bouquineries"), les salons spécialisés, les brocantes, bref, tous les endroits où peut les mener leur quête de papier imprimé, assimilable pour eux à une fonction vitale. Internet devient, dans ces conditions, un moyen comme un autre, plutôt pratique, de se procurer des ouvrages. Internet a fait disparaître à jamais la notion de livre "introuvable" et je m'en félicite. Il ne resterait qu'un seul exemplaire de l'autre côté de la terre d'un livre désiré, qu'il suffirait de deux clics pour le faire venir chez soi : la question du coût de l'ouvrage est autre chose, elle se posait de toute façon avant l'apparition d'internet. L'amateur -- dans le beau sens du mot, naturellement -- de livres fera son miel de tout nouveau moyen de s'en procurer. Si une technique nouvelle naissait demain, qui relèguerait internet au grenier, l'amateur l'utiliserait. Pourquoi diable voudrait-on que le lecteur se prive d'un moyen de se procurer un livre ? D'autant qu'internet permet, la plupart du temps, de comparer les prix d'un même volume, en proposant les offres de plusieurs vendeurs. Certes, on ne voit pas les livres qu'on achète, on ne les touche pas (encore peut-on poser des questions au vendeur), mais cet inconvénient, ce "manque à gagner" sensuel ne sont rien à côté de la facilité qu'on a à faire venir chez soi un livre qui se trouve à l'heure actuelle en Nouvelle-Zélande et qui sera livré en quelques jours, quand, autrefois, on n'aurait même pas connu sa présence là-bas, si loin. Les libraires, je l'ai dit cent fois ici et ailleurs, ont fait leur propre malheur en ne respectant pas toujours la loi et l'obligation de commandes à l'unité (dans le cas du neuf) ; en se conduisant sans politesse envers l'acheteur (dans le cas de l'ancien). A présent, ils vouent internet aux cent mille diables, ce qui est un combat d'arrière-garde, au lieu de relever les défis nouveaux pour sauvegarder leur profession et leurs compétences. Depuis belle lurette, les libraires sont devenus des marchands de romans, uniquement capables de dire d'un livre qu'il est "bon", ce qui ne signifie point qu'il soit utile, moins encore nécessaire. Le métier de libraire, dans son acception traditionnelle, est mort. Vive le métier de libraire ! A eux de le réinventer et d'intégrer internet à leur imaginaire, au lieu de le conspuer comme si cette malédiction allait le faire disparaître ! Le livre s'est toujours adapté, il a ainsi toujours survécu. Les libraires s'adapteront (par l'invention) ou mourront. Je sais que Dominique Autié est d'accord avec moi.

Par ailleurs, quelque chose m'a vraiment choqué dans le texte de Bertrand Racine : cette allusion aux hérissons dans les poches. Je la trouve extrêmement déplacée. Il n'a pas à juger du pouvoir d'achat des visiteurs du salon. Par ailleurs, le fait de n'avoir pas d'argent à dépenser (au moins ce jour-là) pour des livres ne doit pas empêcher la visite. Une librairie, quelle que soit sa forme, son visage, est aussi un lieu de promenade. C'est au lecteur de décider s'il doit ou non acheter et le libraire n'y peut rien. Cela fait partie des caractéristiques d'une profession qui, qu'on le veuille ou non, n'est pas comme les autres.
Permalien Mercredi 23 janvier 2008 @ 11:20
Commentaire de: iPidiblue bouquiniste très amateur [Visiteur]
Tous les libraires ne sont pas érudits, loin de là ! Certains ne sont même intéressés que par l'argent, cela arrive (il faut de tout pour faire un monde).
Et moi qui n'ait pas ma carte professionnelle, j'ai quelques connaissances - peu enviables certes ! - dans le domaine si vaste du livre.
Ceci dit il est très rare qu'on me demande conseil ...
Permalien Mercredi 23 janvier 2008 @ 15:14
Commentaire de: iPidiblue petit bouquiniste sur le Net [Visiteur]
Tenez voici un écho de ma modeste expérience, je reçois à l'instant un coup de fil, une petite fille qui cherche "la foire aux cancres" d'Alphonse Daudet pour demain de toute urgence ! Elle me passe son professeur qui a un fort accent africain, je lui explique que le seul livre de ce titre que je connaisse est du regretté Jean Charles !
Bon, vous voyez qu'il ne faut pas se faire d'illusion sur les secours que notre modeste expérience est à même de rendre !
Bien entendu il n'est pas interdit aux hautes personnalités de ce blog d'évoluer dans la stratosphère de la bibliophilie.
Mais moi c'est plus terre à terre ...
Permalien Mercredi 23 janvier 2008 @ 15:31
Commentaire de: iPidiblue petit bouquiniste sur le Net [Visiteur]
Pour continuer ma petite histoire, le professeur me demande instamment un résumé du livre ! Si vous avez lu un livre de Jean Charles vous savez pertinemment qu'aucun résumé n'est envisageable, ce sont des suites de courtes histoire drôles qui ne sont absolument pas condensables.
Permalien Mercredi 23 janvier 2008 @ 15:41
Commentaire de: iPidiblue humoriste bouquiniste [Visiteur]
En résumé pour clore en beauté : je crois qu'il faut beaucoup d'humour pour faire du commerce du livre ...

Surtout quand on veut employer les grands mots de culture et patati patata !
Permalien Mercredi 23 janvier 2008 @ 15:44
Commentaire de: ArD [Visiteur]
Alors, Jacques, cette pétition, vous comptez la signer ou pas ?
http://www.lekti-ecriture.com/contrefeux/Appel-pour-le-livre,316.html.
Le sujet se corse ici : oui aux libraires sur la Toile mais à n'importe quel prix !
Armelle Domenach
Permalien Mercredi 23 janvier 2008 @ 21:32
Commentaire de: Jacques Layani [Visiteur]
Cette pétition est dirigée contre Amazon, qui occupe une position très discutable, en effet. Mais je ne pensais pas à Amazon uniquement. Il y a de très nombreux vendeurs sur la Toile, de la Fnac (institutionnel) à Price Minister (libraires ou particuliers), en passant par Galaxidion (qui est un groupement de libraires, d'ailleurs), Ebay (professionnels ou particuliers), etc. De plus, Amazon propose relativement peu de livres anciens, a fortiori rares. Pour cela, Price Minister et Ebay sont les meilleures solutions.

Il y a aussi un sujet dont on ne parle pas : les éditeurs qui pratiquent la vente directe sur la Toile, en offrant ou non, c'est selon, les frais de port. C'est le meilleur exemple d'un horizon nouveau pour la vente de livres.

Il faut surtout comprendre qu'on ne reviendra pas en arrière.
Permalien Mercredi 23 janvier 2008 @ 23:00
Commentaire de: Jacques Layani [Visiteur]
Il y a vraiment maldonne. Vous exposez vos difficultés de commerçant et le coût, en argent et en travail, d'un salon. C'est un peu comme si moi, visiteur, je vous entretenais des impôts à payer, du coût de l'essence pour arriver jusqu'à vous, des multiples livres qui sollicitent mon attention, etc. Vous protesteriez que ce n'est pas votre problème. Eh bien, dame, votre condition économique n'est pas le nôtre. Vous protestez encore n'être pas chargé d'animation culturelle. On pourrait vous répondre qu'on ne vous a rien demandé.

Comprenons-nous bien : il ne sert à rien d'exposer à autrui ses difficultés professionnelles et financières. Il a les siennes. Toutes se valent. Les vôtres ne prévalent pas sur les siennes. Le public n'a pas à prendre en compte les soucis des commerçants, leurs problèmes de transport et de coût de stockage. Vous parlez de hérissons, le public, lui, pourra toujours arguer que le libraire est trop gourmand et demande cher d'ouvrages qui ne valent pas tant.

Vous n'êtes pas chargé d'animation culturelle, mais l'acheteur n'a pas pour mission de vous faire vivre.

On est bien avancé !

Cela me rappelle le marché aux livres de la rue Brancion, à Paris, il y a quelques années de cela. J'avise, à l'éventaire d'un vendeur que je connais un peu, un volume en mauvais état, proposé à cent francs. Je lui fais remarquer que, vingt mètres plus loin, tel de ses confrères offre le même ouvrage, en très bon état, pour trente francs. Que croyez-vous qu'il me répondit ? "C'est pas comme ça qu'il faut raisonner !" (sic). Ah, diable, et que fallait-il que je fasse ? Que, pour l'aider, j'achète cent francs un livre abîmé quand je pouvais le payer trente francs seulement, en fier état ?
Permalien Jeudi 24 janvier 2008 @ 11:53
Commentaire de: iPidiblue petit humoriste bouquiniste [Visiteur]
Patacouffin ! Il faut supprimer les livres pour y voir plus clair et faire noter le blog de Dominique par les analphabètes!
Permalien Jeudi 24 janvier 2008 @ 12:35
Commentaire de: iPidiblue l'Attali des blogs [Visiteur]
Qui s'y colle au prochain rapport officiel sur les blogs ?
Permalien Jeudi 24 janvier 2008 @ 12:35
Commentaire de: Bertrand RACINE, Libraire [Visiteur]
Non, il n'y a pas maldonne, car je suis tout à fait d'accord avec Jacques LAYANI (je pensais même naïvement avoir répondu en ce sens). Je relève simplement la menace qui pèse sur les salons (comme d'ailleurs sur les marchés aux livres et sur les boutiques)quand l'Internet que nous allimentons tous plus ou moins les uns et les autres nous paraît plus attractif (en terme de revenus, de qualité de vie, de confort, ce que vous voudrez...) qu'un investissement personnel et finacier sur un salon. Est-ce inéluctable ? Un bien ou un mal ? que faire pour l'éviter ou faut-il s'en accomoder ? Quant au prix des livres, j'y reviendrai.
Permalien Jeudi 24 janvier 2008 @ 13:11
Commentaire de: Jacques Layani [Visiteur]
Oui, c'est inéluctable. On ne reviendra pas à l'avant-internet. Un bien ou un mal ? A mon avis, c'est un bien. En tout cas, c'est. Il faut faire avec. L'éviter serait se bander les yeux et se mettre à courir ainsi : le désastre est au bout. S'en accomoder, oui, et réinventer le métier. Vous savez bien que seule l'adaptation est gage de survie.
Permalien Jeudi 24 janvier 2008 @ 13:32
Commentaire de: Feuilly [Visiteur] · http://feuilly.hautetfort.com/
On regrettera cependant la possibilité de flâner et de découvrir un peu par hasard des livres intéressants. Certes, c’était là une méthode empirique peu efficace si on recherchait un livre précis, mais qui pouvait aussi déboucher sur d’heureuses surprises.
D’un autre côté, il est certain qu’avec Internet on peut mieux trouver ce que l’on cherche, l’inconvénient restant cependant la méconnaissance que l’on a de l’état réel du livre que l’on va acheter
Permalien Jeudi 24 janvier 2008 @ 13:56
Commentaire de: iPidiblue l'Attila des bouquins [Visiteur]
Il y a deux partis, il y a ceux qui veulent faire augmenter le prix du livre en jouant sur la rareté ou la qualité - et ceux qui veulent faire baisser le prix du livre en jouant sur la diffusion et sur l'industrialisation des procédés de fabrication.

Deux logiques spéculatives assez opposées mais pas forcément contradictoires !

Le snobisme c'est quand on veut faire croire qu'on peut promouvoir le livre rare et cher et en même temps la démocratisation de la bibliophilie !

Dominique Autié est clairement élitiste mais il n'y a pas maldonne sur l'objectif de son blog !

Ce qui paraît impossible c'est le livre gratuit parce qu'il dévalorise tout effort personnel du lecteur mais les institutions peuvent promouvoir les bibliothèques même si ce n'est pas l'air du temps !

Permalien Jeudi 24 janvier 2008 @ 13:59
Commentaire de: ArD [Visiteur]
Ce débat est transposable à d'autres secteurs. Il me semble que je pourrais administrer le même débat sur le blog de mon boulanger qui fait 300 km aller-retour une fois par semaine pour vendre son pain à la ville sur le marché (le salon du Pain hebdomadaire en quelque sorte !) et qui s'apprête à ouvrir une boutique en ligne.
ce qui peut porter à penser que le rare et cher peut faire bon voisinage avec le moins rare, donc moins cher.
Quant au livre gratuit qui dévaloriserait l'effort personnel du lecteur, de quel oeil voyez-vous donc les livres mis à disposition sur la Toile en copyleft ?
Armelle Domenach
Permalien Jeudi 24 janvier 2008 @ 15:04
Commentaire de: iPidiblue le promeneur des blogs [Visiteur]
Il ne fait pas très beau aujourd'hui, une vraie journée à s'acheter des bouquins et à flâner dans les bibliothèques !
Permalien Jeudi 24 janvier 2008 @ 16:22
Commentaire de: Zeb [Visiteur]
Feully, Même votre argument de la flânerie ne tient pas : allez sur la boutique en ligne d'un vendeur sur ebay, vous aurez, sur la même page que le livre recherché, un aperçu de quelques autres livres également vendus. Vous pourrez également consulter l'ensemble de la boutique si l'envie vous en prend. C'est comme ça que je me retrouve fréquemment avec 2 ou 3 livres de plus que ce que j'avais prévu au départ...

Quant à l'état réel du livre, là encore, visitez une annonce ebay, les vendeurs y décrivent soigneusement l'état de l'article, avec moult détails et photos... Ils y ont tout intérêt car un client floué ne se gênerait pas pour le signaler dans ses évaluations. Il va sans dire qu'un vendeur sérieux sur internet, qui présente ses livres honnêtement, sera avec le temps et le système des évaluations de plus en plus digne de confiance et pourra justifier des prix à hauteur de la qualité de ce qu'il propose.
En résumé, c'est un système qui appelle la qualité, et les libraires d'anciens devraient logiquement s'y imposer du fait de leur connaissance du métier.
Permalien Jeudi 24 janvier 2008 @ 19:30
Commentaire de: Jacques Layani [Visiteur]
Zeb a fait un parfait résumé de la situation. Tout rejet d'internet est suicidaire.
Permalien Jeudi 24 janvier 2008 @ 20:04
Commentaire de: ArD [Visiteur]
En relais au commentaire de Jacques Layani, le 23 à 23 h, je relaie une réaction à cette pétition : « Je suis obligé de m'insurger contre cet "Appel pour le livre", qui est un tissu de mensonges : ma propre maison d'édition (Eons) est une de ces petites structures dont Amazon est l'un des revendeurs.
Je tiens donc à préciser que non seulement la remise que nous faisons à Amazon est tout à fait raisonnable (35%), mais qu'en outre, comme nous procédons nous-mêmes aux envois vers les acheteurs, les frais de port nous sont remboursés sur une base plus qu'honnête - en pratique, davantage que le coût réel pour l'écrasante majorité de nos titres.
En pratique, la « commission » que nous coûte Amazon est, au final, de loin la plus faible de tous nos intermédiaires libraires et assimilés.»
J'ignorais.
Armelle Domenach
Permalien Jeudi 24 janvier 2008 @ 20:27
Commentaire de: Robert Marchenoir [Visiteur]
Merci de tous ces intéressants commentaires. L'apport d'Internet est indéniable (je m'étonne que personne n'ait cité Abebooks, spécialisé dans le livre ancien). Mais tout cela ne nous dit pas si les gens vont continuer à lire. Dire que les acheteurs de livres en achèteront toujours est faux: un jour, ils meurent.
Permalien Jeudi 24 janvier 2008 @ 21:42
Commentaire de: Intaglio [Visiteur]
La source de la "gravure étonnante" semble bien être mentionnée par le bloggeur que vous mettez injustement en cause (http://bibliophilie.blogspot.com/2007/09/un-livre-lhonneur-le-conte-du-tonneau.html). Si vous lisiez son blog vous verriez combien ce collectionneur de livres est loin d'être mesquin.
Avant de vous répandre en de vaniteuses critiques, vérifier vos dires.
Droit d'auteur ? pour une gravure de 1721 ?
Que dire d'un éditeur confondant les gravures du 18e s. avec celles du 19e s. ?
Permettez-moi d'avouer trouver cela indigne d'un Chevalier dans l'Ordre des Arts et Lettres, éditeur, enseignant en master d'édition.
Permalien Vendredi 25 janvier 2008 @ 22:27
Commentaire de: Hervé [Visiteur]
Je suis moi aussi lecteur du Blog du Bibliophile, que vous citez en sous-entendant que le rédacteur du blog ne cite pas la source de la gravure. Erreur de votre part, puisqu'il l'identifie clairement comme étant issue des Contes de Tonneau, de Jonathan Swift, dans son blog...

Passons sur le fait que je m'étrangle en lisant que vous soupçonnez ce bloggeur de mesquinerie ou d'avarice de collectionneur, voire de mépris pour la culture...
Non, ce qui est plus intéressant est que du haut de votre piédestal, vous ne sachiez pas :
1. Lire correctement un blog
2. Faire la différence entre une gravure 18ème et une gravure 19ème.

Enfin, comme on dit souvent, c'est un plaisir de gourmet que d'être, etc.

Hervé P.
Permalien Vendredi 25 janvier 2008 @ 22:46
Commentaire de: Bertrand [Visiteur] · http://www.librairie-amour-qui-bouquine.com
Bonsoir à tous,
c'est la première fois que je lis entièrement un article de ce blog et les commentaires qui vont avec.
Sans vouloir insister, Intaglio a raison, avant de vous répandre en injures sur un bibliophile soit disant ignare, vous feriez mieux d'aller visiter son Blog qui est devenu à ce jour LA référence en matière en discussions bibliophiliques et exclusivement bibliophiliques sur le net. Je vous en rappelle l'adresse afin que la prochaine fois où vous décidez d'en faire la critique vous en soyez informé bien à fond.

http://bibliophilie.blogspot.com/

Ceci étant dit, tout le monde a raison tout le monde a tort. Il est vrai que le libraire d'ancien de demain devra faire preuve d'adaptabilité, de persévérance, mais surtout de passion !

Je suis libraire. Pas bouquiniste. J'ai fais le choix de vendre de beaux livres anciens. Peu, mais exclusivement des beaux livres dits rares, curieux ou d'érudition. C'est un choix. J'aurais tout aussi bien pu me contenter de vendre des Poches ou des livres de seconde main, à 1 euro. Chacun a le choix au départ. A chacun ensuite d'assumer ses choix. Pour ma part je l'assume très bien jusqu'à ce jour.

Internet a tout bouleversé ? Tant mieux. Les libraires parisiens assis sur leur généalogie poussiéreuse et des années d'exploitation de fichiers clients "top secret" qui s'effrite ? Tant mieux.

Je connais un bouquiniste qui fait uniquement le marché 3 fois par semaine d'une grande ville et qui m'a avoué un jour : "Moi ! Mais je n'aime pas lire. Je m'en fous des livres que je vends. Mais je les vends." Fils d'une maman libraire bien installée depuis 25 ans dans la région, il vivote. Il reste dans le décor. On peut chiner chez lui de bonnes choses. Internet le tente, il y vend même un peu je crois. Mais la passion n'y est pas. Alors que faire ? Eh bien, ce serait justice que dans les années à venir de tels personnes voient leur commerce décliner, voire s'arrêter.

Maintenant, chacun est libre de penser son amour des livres à sa manière, d'aimer le livre selon son porte-monnaie ou selon son âge, ou sa catégorie socio-professionnelle.

Mais, mille dieux ! Evitez de nous rebattre les oreilles avec des commentaires comme le premier de la liste, tout empli d'orgueil et de condescendance envers le moindre des bibliophiles qui n'aurait pas son agréagation en poche ou son ticket d'entrée à la session de 2050 à l'Académie des Zombies.

Amitiés, Bertrand
Permalien Vendredi 25 janvier 2008 @ 23:16
Commentaire de: tim [Visiteur]
C'est très drole que le mépris se retourne d'un coup contre son auteur.
Permalien Samedi 26 janvier 2008 @ 00:34
Commentaire de: admin [Membre]
Une absence forcée de quarante-huit heures m'a empêché de suivre et de repondre en temps réel à vos échanges.
Je vais donc au plus urgent : présenter mes excuses, sincères, à Hugues, rédacteur du Blog du Bibliophile. La hâte de trouver une illustration au billet de Bertrand Racine – que je voulais mettre en ligne sans délai, comme je le lui avais promis – et des préoccupations de santé, ces temps-ci, qui peuvent expliquer une attitude expéditive mais ne l'absolvent en aucun cas, m'ont fait déroger à des principes pour lesquels je milite activement ici même : celui, notamment, d'en référer au détenteur d'une image à chaque fois que celui-ci se montre accessible, ce qui était le cas. Quant à mon procès d'intention, je renonce à le plaider, car il est implaidable.
J'offre ce qui ne manquera pas de passer pour une repentance conforme aux goûts du temps au lecteur, anonyme comme il se doit, qui a laissé le seul commentaire précédent afin que nul ne manque de tirer la superbe morale de mon faux pas. Que serait l'éthique sans d'aussi attentives vigies ?
Je vous remercie enfin d'avoir dialogué autour de Bertrand Racine, que nous retrouverons dans peu de jours : j'avais mené avec lui un entretien, en décembre, en sa libraire, que je ne désespère pas de publier ici – mais sans doute souhaitera-t-il, à la lumière de ces échanges, compléter les propos que je lui prête et qu'en tout état de cause je lui soumets avant mise en ligne.
Dominique Autié.
Permalien Samedi 26 janvier 2008 @ 07:28
Commentaire de: Jacques Layani [Visiteur]
Dominique Autié est habituellement la rigueur même. Pour une fois, il s'est trompé. Il n'est peut-être pas nécessaire de lui tirer dessus à boulets rouges. La modestie du triomphe est toujours souhaitable.
Permalien Samedi 26 janvier 2008 @ 12:00
Commentaire de: ArD [Visiteur]
La lectrice est toujours abasourdie devant ce type de débat dont le sujet de bouclage dévie totalement du sujet initial. Une erreur intempestive de l'émetteur a été signalée. La victime s'est aimablement manifestée en proposant ses services ultérieurs. Une mise au point s'imposait. L'émetteur a reconnu ses torts et s'est exécuté. A l'origine, l'émetteur se voulait dénonciateur(on lui en sait souvent gré), le voici incriminé parce qu'il a commis une faute qui lui fait endosser le rôle de coupable. La lectrice s'étonne souvent de cette propension à la récrimination qui finit par privilégier la forme sur le fond pour mieux fustiger l'instigateur d'un débat, et faire avorter le possible développement de ce dernier. La lectrice continuera de s'interroger sur cette idiosyncrasie qui conduit souvent à la stérilité.
Armelle Domenach
Permalien Samedi 26 janvier 2008 @ 13:48
Commentaire de: Olivier Bruley [Visiteur] · http://oliviermb.hautetfort.com/
Mais Jacques Layani l'a parfaitement dit : tout rejet d'Internet est suicidaire. Comment vivre, en effet, sans pouvoir donner libre cours à sa méchanceté ? Or Internet est, entre bien d'autres choses, le lieu de la méchanceté pure, c'est-à-dre gratuite, le plus souvent. On peut s'y montrer mauvais sans aucune retenue. C'est en train de devenir l'usage, je veux dire le "bon usage" d'Internet/sur Internet, paradoxalement.
Permalien Samedi 26 janvier 2008 @ 14:14
Commentaire de: Hugues [Visiteur] · http://bibliophilie.blogspot.com/
Dominique,
Merci pour cette mise au point, qui je l'espère m'éxonère finalement aux yeux de vos lecteurs de "l'avarice de collectionneur", de la "mesquinerie" ou de la simple bêtise dont vous m'aviez soupçonné.
Je n'ai naturellement pas cherché à détourner votre débat (comme le suppose la lectrice), et encore moi à vous fustiger comme son instigateur, mais il me semblait que cette remarque sur cette petite erreur de votre part, fût elle de forme, était absolument fondamentale.
Longue vie à votre blog, que je ne manquerai pas de suivre régulièrement désormais.
H
Permalien Samedi 26 janvier 2008 @ 17:14
Commentaire de: iPidiblue le chevalier Bayard des blogs [Visiteur]
Et surtout, surtout on peut y jouer au petit professeur sans peur et sans reproche !
Permalien Lundi 28 janvier 2008 @ 12:17
Commentaire de: Hervé [Visiteur]
Ca va ipidiblue, Dominique s'est excusé, il est temps de passer à autre chose.
Hervé
Permalien Mardi 29 janvier 2008 @ 12:03
Commentaire de: iPidiblue chevalier sans retouche [Visiteur]
Ma remarque était générale, ne la détournons pas vis-à-vis de Dominique, Hervé que je ne connais pas !
Le professorat est le mal le plus communément répandu que je connaisse ...
Permalien Mardi 29 janvier 2008 @ 12:07
Commentaire de: Hervé [Visiteur]
Bah, "Et surtout, surtout on peut y jouer au petit professeur sans peur et sans reproche !".... quel paradoxe, professer, pérorer, tout en condamnant les professeurs.
Que c'est chevaleresque.
Je crois que vous n'aviez pas à en rajouter, tout a été dit entre les deux rédacteurs des deux blogs. Pourquoi vous en mêler?
Je suis depuis longtemps les deux blogs, les deux me plaisent, les deux auteurs sont sincères.
L'un a fait une erreur, l'autre lui a fait remarquer, le premier s'est excusé, ça aurait pu être l'inverse.
Dominique a posté uun autre message depuis, passez-y!
Hervé
(Professeur, mais qui ne se prend pas pour un chevalier)
Permalien Mardi 29 janvier 2008 @ 15:43
Commentaire de: Bertrand RACINE, Libraire [Visiteur]
Peut-être est-il temps de revenir sur le coeur du débat, ou du moins celui que je souhaitais tel. Quand le débat sur la forme prend le pas sur celui du fond, c'est que le fond dérange. Je recentre, si Dominique Autié me le permet : de l'utilité (de la nécessité ?) des salons du livre et autres foires aux vieux papiers (et non pas de la nécessité d'Internet, nous en sommes tous convaincus)pour les amateurs de livres qui (on s'en doute sur un blog) naviguent d'un site à l'autre à la recherche du livre rare, de la bonne affaire, voir plus simplement d'un coup de coeur. Faut-il les condamner ? Les faire évoluer ? Que leur reprocher (si ce n'est d'être trop cher), tant à leurs organisateurs qu'à ceux qui les fréquentent (libraires, bouquinistes, visiteurs...). Que voudriez-vous y trouver qui ne s'y rencontre pas déjà ?
Permalien Mardi 29 janvier 2008 @ 18:15
Commentaire de: iPidiblue, le chevalier qui a perdu son ombre [Visiteur]
Mais moi je suis un chevalier et pas un professeur !

iPidiblue alias Pierre DRIOUT le seul et l'unique.

2 rue de la réunion
Rueil Malmaison 92500
Permalien Mercredi 30 janvier 2008 @ 12:34

Les commentaires sont fermés pour cet article.

Dominique Autié
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Quand le labeur
de vos journées
et les lectures
de vos nuits
vous tendent un seul
et même miroir
qui est l’écran
de votre ordinateur,
il y a urgence
à créer votre blog :
grâce au premier internaute
qui vous rend visite,
le cercle
cesse d’être vicieux.

Dominique Autié
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