blog dominique autie

 

Samedi 20 novembre 2004

07: 25

 

Pour Céline

 

Dion Goldman

Que les choses soient bien claires entre nous : voilà deux fois, sur ce blog encore adolescent (que dis-je ! dans les langes) que je mentionne Céline Dion. Une lecture hâtive pourrait laisser croire que je le fais en mauvaise part ; d'autant qu'il m'arrive de suggérer que l'Occident aurait été mieux inspiré de cesser de composer – et de se contenter, dès lors, d'interpréter – de la musique après le 28 juillet 1750 [1]. Ce qui, de ma part, constitue bien évidemment une énorme provocation tout juste bonne à surdoser ma relation organique à L'Art de la fugue. Un bref regard sur ma discothèque suffirait à désabuser le visiteur.

De même que vous surprendrait, je suppose, la petite introduction musicologique à laquelle vous auriez droit avant que je vous fasse écouter, dans un recueillement obligé, la douzième et ultime plage, la chanson éponyme, de l'album de Céline Dion, S'il suffisait d'aimer, composé par Jean-Jacques Goldman. [Pardon ? On n'emploie pas ce vocabulaire-là pour parler d'une musique qui ressortit aux variétés internationales ? C'est vous qui abaissez le niveau du débat. Éponyme signifie « qui donne son nom à quelque chose ou à quelqu'un » : Athéna est la déesse éponyme d'Athènes (c'est l'exemple donné dans mon Nouveau Petit Robert des noms communs. Et le mot n'est même pas (encore) épinglé comme relevant de la langue surveillée.)]

Je disais donc qu'il y a, lors de l'avant-dernière reprise du refrain de ladite chanson, une discrète appoggiature de la voix que je m'enorgueillis d'avoir découverte et qui me comble d'un bref plaisir chaque fois que j'écoute cette chanson – et non qu'elle m'est assénée en bruitage d'ambiance pour clients ou voyageurs alexithymiques dans une gare ou un magasin de prêt-à-porter. [Mes proches ont ainsi connaissance des deux occurrences d'un accord très subtilement dissonant dans le choral final de la Matthäus-Passion, que je tiens pour une précieuse séquelle de l'ancien tempérament, avant que la tyrannie de la gamme égale ne lessivât tout à fait la musique occidentale ; ils savent également que seul Otto Klemperer, dans sa version de 1960-1961 [2] restitue distinctement cette gêne délicieuse, ce minuscule accroc sonore à notre oreille d'aujourd'hui, quand la plupart des autres interprètes (les baroqueux en tête) s'efforcent de le gommer, de rendre indolore cette pure déploration.]

Il n'y a donc pas de problème avec Céline Dion. Pas plus qu'avec Héraclite l'Obscur. Le tout est de prendre la peine d'écouter, ou de lire.

 

[1] Date de la mort de Jean-Sébastien Bach à Leipzig.
[2] EMI Classics, coffret de 3 CD, 7243 5 67539 2 2.

Céline Dion, Jean-Jacques Goldman, photographie Claude Gassian, © Sony Music 1998. Site officiel de Céline Dion. La page consacrée à l'album S'il suffisait d'aimer sur le site officiel de Jean-Jacques Goldman.

 

Commentaires:

Commentaire de: Armel Louis [Visiteur]
Non, il n'y a pas de problème avec Céline Dion. Ni avec la Vierge Marie.
On n'a jamais vu de gérontophiles condamnées par la justice des vieillards. Ni par la postérité.
Au contraire, la prêtrise comme le marketing cultivent sournoisement – à l'intention de sa jeunesse exaltée – le culte de la vieillesse, des vieux hommes encore verts…
Pourquoi ne pas cultiver le culte de Céline Dion ou de Marie-la-Vierge ? Deux gérontophiles avérées.
Histoire de convaincre les gérontophiles hésitantes.
Vous, mademoiselle ?
Mathusalem.
Permalien Lundi 22 novembre 2004 @ 03:38
Commentaire de: Francoise [Visiteur] · http://www.goldman-fb.com/
Bonjour,

Je m'appelle Francoise...
J'adore les compositions de Jean-Jacques Goldman et les sons de sa sublime guitare "nacrée".
C'est un artiste de très haut de gamme.
Ses chansons m'emmènent ailleurs où je suis bien, où tout est plus joli...
Sa musique est mon oxygène !!!

Mon blog est disponible à l'adresse:
http://www.goldman-fb.com/

J'ai souhaité vous le faire partager.
Pouvez-vous faire circuler ce blog ? (exclure les medias)

Merci infiniment pour l'auteur.
Permalien Mercredi 25 octobre 2006 @ 17:38

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