
La chronique mise en ligne hier – dans la nuit de dimanche à lundi – a été rédigée dans le TGV qui me ramenait de Paris, sur le petit carnet que voici. J'aurais pu la transposer pour le blog dans quelques jours, prendre le temps de traiter la dizaine de clichés que je rapportais, organiser ce matériau. L'urgence s'est imposée.
Il était déjà tard quand je suis rentré. Dans ma boîte aux lettres électronique, le bref courrier bienveillant d'un blogueur contenait cette remarque : Je vois que vous pratiquez les voies hétérodoxes. Faisait-il allusion à mes propos du jour même sur le Saint Suaire de Turin ou me signifiait-il que ma pratique du blog tend à l'hérésie, à l'anticonformisme, à la dissidence ? (les trois analogies que propose Le Robert pour l'adjectif hétérodoxe). Je regrette de ne pas disposer de plus de loisir pour fréquenter attentivement de plus nombreux sites d'auteurs, mais aussi découvrir, au fil de la souris, des blogs tenus par la communauté sans doute métissée à l'envi de ceux qui s'approprient ce support. Je redouterais fort d'y buter bientôt sur une doxa, sur la codification rigide d'un genre et d'une forme, sur cette ankylose de l'imaginaire qu'induit toute mode dominante dès qu'elle fonde son autorité sur un principe d'exclusion. J'ose rêver que nous n'en sommes pas encore là.
Toujours est-il que les circonstances m'ont offert, hier, de vérifier que le caractère fluide, éphémère, pour partie aléatoire dans ses échos, de cette pratique de l'écrit pouvait poser la contrainte heureuse de deux heures de retour à la glaise, au métier à tisser, au bloc de marbre ; car voilà bien longtemps que je n'avais pas connu cette délectation (oui, je le concède à qui se serait réjoui de le penser avant que je ne l'avoue : ce plaisir solitaire) du graphite [on dit aussi la plombagine] sur le papier coquille d'œuf à lignes larges auxquelles je me plais à superposer la trame de mes pattes de mouche, l'ivresse de la rature, du rajout, l'autarcie provisoire mais réparatrice de la pensée qui se love dans ses propres marginalia.
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Dominique Autié
Dominique Autié
Quand le labeur
de vos journées
et les lectures
de vos nuits
vous tendent un seul
et même miroir
qui est l’écran
de votre ordinateur,
il y a urgence
à créer votre blog :
grâce au premier internaute
qui vous rend visite,
le cercle
cesse d’être vicieux.
Dominique Autié
Dominique Autié
Dominique Autié
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