blog dominique autie

 

Dimanche 30 janvier 2005

08: 29

 

Chathaï

 

 

corbieres

 

Death’ n’a pas changé. Elle m’a ouvert et je m’en suis fait la remarque : toujours ses jupes longues en jean, une chemise d’homme blanche, ouverte de trois boutons, et son fume-cigarette d’ambre. Nous avons vite refermé derrière nous, à cause du chat.

Elle est arrivée des States, me dit-elle, il y a moins d’une semaine. Que je ne regarde donc pas le désordre. Sa mère prétexte l’âge et la fatigue pour délaisser la maison des Corbières, refusant toutefois que son frère, qui vit depuis quelque temps à Barcelone, vienne avec sa femme y passer le week-end à la saison. Sa nouvelle belle-sœur, en effet, est en disgrâce, l’oncle de Death’ ayant eu le mauvais goût de se remarier avec une Castillane.

C’était surtout la poussière, qui s’était glissée partout : Chathaï n’a pas cessé d’éternuer pendant deux jours.

Dès que j’eus quitté l’autoroute pour les lacets de départementales plus étroites à mesure que je m’éloignais de la plaine, un nœud d’appréhension vint aggraver la chaleur rase dont les vitres ouvertes me rechapaient le corps. Death’ m’avait envoyé un plan méticuleux depuis le péage de Lézignan sur lequel, en plus des références administratives chiffrées de la moindre route qu’il me fallait emprunter et les directions mentionnées sur les panneaux indicateurs, chaque carrefour était repéré par un détail particulier : un commerce, une ferme au loin, un arbre foudroyé. Je n’avais pas revu Death’ depuis que je m’étais installé en province. Elle-même vit désormais six mois par an aux États-Unis, où Jean la rejoint pendant les vacances scolaires. Il ne parle toujours pas un mot d’anglais. Il a pourtant cessé de s’en targuer, m’écrivait-elle cet hiver. A Pâques, elle lui a confié Chathaï sachant qu’elle serait plus chargée qu’à l’ordinaire quand elle viendrait en mai, à cause d’affaires qu’elle avait décidé de rapporter de la maison de son père, dans le Colorado, pour équiper les Corbières — quelques encadrements de petite taille qu’elle ne voulait pas prendre le risque de mettre en soute, des bibelots, la pendule du salon, puisqu’elle avait convaincu Jean de venir ici, l’été, aussi souvent que possible.

Sur le seuil, après avoir repoussé la porte derrière nous, elle m’a embrassé légèrement sur les lèvres, comme elle le faisait jadis. Elle a dit que pour une soif comme la mienne il n’existe que le jus de pamplemousse allongé de tonic et que l’on monterait plus tard mes bagages. Jean était parti sur la côte pour l’après-midi. Il reviendrait vers six heures. J’insistai pour ne prendre qu’un verre d’eau et un bon café. Il fallait seulement que je veille à ne pas l’appeler Death’ devant lui (son prénom américain est imprononçable et je répugne au diminutif dont usent ses amis français).

Il faisait frais dans la cuisine, où Death’ tint à ce que je m’asseye pendant que notre café finissait de passer. Quand, avant de nous servir, elle jeta le filtre dans le sac poubelle, il tomba quelques gouttes sur le sol, qu’elle épongea aussitôt (what a cat-house…) avec une serpillière qui était à l’étendage, derrière la maison.

Le temps qu’elle revînt, je songeais qu’elle m’avait indiqué dans sa lettre que Chathaï a maintenant quatorze ans ; ce qui ne laissait de me troubler : j’avais vu Death’ — elle habitait, à l’époque, au pied des Buttes-Chaumont — quelques jours seulement avant la mort de Caramel.

Il me semble que c’était hier.

 

Elle vivait avec G., dans un vieil appartement pour partie mansardé. Nous étions plusieurs, le samedi soir, à venir travailler au sommaire du numéro suivant de la revue dont G. avait pris l’initiative. Nous dînions rapidement dans un petit restaurant chinois situé à quelques pas, sur le même trottoir, puis remontions nous installer autour de la table de la salle à manger, jusqu’aux premières heures de l’aube parfois. Il était rare qu’elle allât se coucher avant que le dernier d’entre nous fût parti. Son engagement personnel dans l’œuvre commune consistait à préparer cafetière sur cafetière, à remplir le pichet d’eau, à remettre des bières dans le frigo. G. s’agaçait parfois de la voir laver les cendriers dix fois dans la nuit. Caramel était, disait-elle, allergique à l’odeur du tabac froid. Il était pourtant fréquent que l’animal bondît sur la table et vînt tourner autour de nos feuilles. Death’, pour sa part, ne supportait pas de voir G. écraser ses mégots dans sa sous-tasse, ce qui provoquait entre eux de brèves échauffourées.

Death’ s’exprimait encore dans un français approximatif. Nous attribuions à son éducation outre-Atlantique, autant qu’à son manque d’emploi au sein de notre conseil éditorial lors de ces soirées, son acharnement à tout remettre en ordre avant même, parfois, qu’un geste de la vie courante eût déplacé un objet, laissé quelques miettes ou déposé une tache sur le revêtement de la table autour de laquelle nous étions installés. Toutefois, Death’ appartenait au rite de ces réunions d’étudiants attardés que nous étions alors, autour de la passion de G., de ses projets, de ses exigences pour la poignée d’abonnés que comptait sa revue.

Ce n’est que plusieurs années plus tard que nous comprîmes combien Death’, en ces années-là déjà, se battait avec ses démons. G. lui-même le pressentait-il ? Quand il a cessé de faire paraître L’Âne bâté, sans doute était-il déjà trop tard : elle s’était recluse dans un silence presque total, auquel leur relation ne survécut pas. C’est alors qu’elle décida, malgré la mort de son père, quelques mois plus tôt — ou, se peut-il, à cause de ce chagrin qui acheva de la désarticuler, comme un jouet de chiffon —, de se rendre aux États-Unis. Elle m’en adressa quelques lettres confuses, dans lesquelles elles promettait de revenir au printemps suivant, si elle m’écrivait au cœur de la saison froide, avant Noël quand elle me griffonnait une carte postale de Floride ou de la côte ouest, où elle voyageait durant l’été. À son écriture malmenée, qui passait, d’une ligne à l’autre, du tracé de sismographe aux contours d’une baudruche dégonflée, je compris qu’elle devait se trouver sous camisole chimique. Je ne suis pas le seul à tenir Jean pour l’unique médecine qui l’ait sauvée des doses massives de barbituriques dans lesquelles elle avait pris l’habitude de se réfugier. Elle pense toujours, m’a récemment confié un ami commun, que c’est la mort de Caramel qui l’a basculée dans cette crise dont elle ne parle pas volontiers, aujourd’hui.

Par la suite, j’ai moi-même traversé des heures sombres, qui m’ont fait me murer comme un rat, fuyant toute opportunité de rencontrer qui que ce fût d’important, renonçant à écrire la moindre lettre qui m’aurait exposé, songeais-je. C’est durant cette période qu’elle a repris un pied-à-terre parisien.

 

Le vent ne fait que rendre la chaleur plus sèche, plus irrespirable. On se trouve ici, dit Jean, en province d’hérésie, et cela se vérifierait à la qualité de l’air. J’ai pris le parti de ne pas m’étonner de son détachement pour ce qui fonde mes relations avec Death’ comme pour nombre de principes domestiques que celle-ci impose autour d’elle, auxquels il se conforme sans une remarque, sans le moindre mouvement de connivence ou d’humeur. Quand nous sortons, il se contente de tirer vivement la porte dans notre dos. Si je ferme celle de ma chambre et qu’il passe sur le palier à l’instant, il murmure : « Entrouvre pour Chathaï, on ne sait jamais… » Death’ m’a pourtant expliqué, dès mon arrivée, qu’il convient de laisser entrebâillé dans toute la maison, y compris la salle d’eau et les toilettes, car Chathaï s’angoisse de n’avoir pas accès à une pièce. Il se peut qu’elle refuse son repas, le soir, si l’on est parti en lui interdisant la lingerie ou la chambre d’hôte.

Jean et moi n’avons en commun que trop peu de souvenirs pour meubler les longues absences de Death’, dans la journée. Elle se repose une partie de l’après-midi puis s’établit dans la cuisine, à préparer le dîner. Elle refuse toute aide sur ce qu’elle définit comme son territoire exclusif, une fois que nous avons fait les courses au village (je renonce même, désormais, à vider les cendriers, m’étant aperçu que les ordures ménagères font l’objet d’un premier tri par ses soins, dans des sacs différents : le verre d’un côté, les bouteilles et les emballages en plastique d’un autre ; les déchets alimentaires qui peuvent servir au fumier sont mis à part ; reste enfin le tout-venant, à l’exception de certains détritus qu’elle emballe et va immédiatement jeter dans le conteneur, devant la maison.) J’hésite à lire dans ma chambre — ou à profiter de l’arrière de la maison, mieux abrité, ce qui revient à s’enfermer au dehors, à cause de Chathaï.

Dans ses lettres d’ivresse comme, plus tard, dans les longues descriptions qu’elle me faisait de sa nouvelle vie avec Chathaï, nos souvenirs communs semblaient compter pour rien. Pourtant, un tiers prenant connaissance de ces récitatifs n’aurait sans doute pas manqué d’y déceler, sur la durée, les signes de connivence que moi-même cherchais entre les lignes. Il y avait bien, aux environs de son paraphe — qui faisait penser plutôt à ceux qui, ne sachant pas écrire, signent d’une croix —, le mot Love, dont les Anglo-Saxons mésusent volontiers ; j’en guettais les variantes avec perplexité, Your Love, une fois même, je m’en souviens, To You, Love (et elle avait ajouté, tout en bas de la feuille, comme un post-scriptum qui se serait décollé du corps même de la lettre, Don’t let the cat out of the bag…). J’ai conservé sa correspondance ; faute de l’avoir archivée à mesure, il m’arrive encore de tomber sur un ou deux feuillets de ce papier pelure bleu qu’elle utilisait, glissés dans un dossier, contre la couverture d’un livre ou parmi d’anciens numéros spéciaux de magazines ou de journaux que j’annotais en vue de nos comités de rédaction.

J’ai résolu de profiter de la fraîcheur de la pièce et me suis installé sur la table de la cuisine pour faire mes comptes, un pensum auquel la surcharge professionnelle m’a offert le prétexte d’échapper depuis près de deux mois. J’ai ainsi plusieurs relevés bancaires à pointer, une liasse de tickets de carte bleue qu’il me faut inventorier. Je me suis promis d’en venir à bout sans plus tarder, afin d’avoir l’esprit libre. Je dois faire les additions à la main, ayant laissé la calculette dans mon sac de voyage et renonçant à me rendre de nouveau à l’étage pour la chercher. Après le déjeuner, sortant de ma chambre où j’étais venu chercher un livre, mon chéquier et les papiers nécessaires, il m’a semblé entrevoir dans la pénombre la silhouette de Chathaï qui se serait engouffrée dans la salle de bains ; je me suis avancé jusqu’au fond du couloir, mais la porte était fermée et la salle de bains est la dernière pièce, à l’opposé de l’escalier. Death’ a dit qu’elle avait l’habitude de fermer quand elle fait sécher son linge ; sinon Chathaï se fait les griffes sur la soie — elle vient toujours s’en prendre à ses affaires à elle. Elle ouvrirait quand elle monterait faire la sieste.

Il y a le bruit d’une mouche et la chute d’une goutte d’eau, à intervalles très espacés, sur la pierre d’évier. Je vérifie plusieurs fois mes calculs. Puis, enfin, le bruit des pas de Death’. Chathaï, baby love… J’ai laissé entrouverte la porte de la cuisine et la voix de Death’ me parvient comme si elle était dans pièce.

Elle a passé un tee-shirt. Elle marche pieds nus sur les tomettes. Je lui souris. « Je nous fais un café. » Elle a gardé, comme moi, des années noires l’habitude d’avaler du café à n’importe quelle heure du jour et de la nuit. Autant son visage s’est émacié, autant le corps semble avoir oublié ce qui le singularisait, ce refus de rondeur qui lui dessinait ses allures de garçon. « Has the cat got your tongue ?
— Tu n’accompagnes jamais Jean aux lacs ?
— Il voulait que j’apprenne la planche à voile. Mais, avec la route, ça fait rentrer trop tard pour Chathaï. » Elle vide le filtre à café dans l’un des sacs, qu’elle ficelle et va porter dehors.

À l’époque, il y avait toujours entre nous la langue râpeuse de Caramel. Un ami commun eut cette pointe : G. a plaqué le chat. Je m’en suis voulu d’avoir pris mes distances au moment même où Death' aurait eu besoin d'être entourée, bien qu’elle s’appliquât à braver les circonstances. J’éprouvais désormais un confus malaise à me retrouver seul à seule avec elle.

Maintenant que sa maîtresse est descendue, je m’attends à ce que le fantôme de Caramel saute d’un bond sur la table et jette à l’instant la pagaille dans mes tickets de carte bleue que j’ai classés par ordre chronologique — comme font les chats dès que nous leur exposons un arbitraire qui contrarie si peu que ce soit leur empire.

 

Sitôt la table levée, advient la question des débuts d’après-midi : « Tu vas lire au salon, Love… Laisse la porte contre. » Le lendemain de mon arrivée, j’y ai reconnu l’une de ces injonctions que Death’ adresse à l’entourage, dont seul un familier pressent la portée — combien d’hôtes de passage sont démasqués pour n’avoir pas intériorisé la contrainte bienveillante que de telles clauses, chez Death’, sécrètent. Selon que la tramontane souffle — ou le cédera au marin, dont la survenue se lirait dès l’avant-veille dans la couleur de ses selles —, il faut à Chathaï un rappel de sa pâtée de matines : elle l’exigerait, dit-elle, quand la maisonnée aurait fini de déjeuner (elle vérifie le protocole depuis le couloir, tapie à l’arrêt sous le porte-parapluies, affirme Death’). Jean et moi devons attendre que l’écuelle soit disposée près du poêle en fonte, après qu’on a sorti le sac aux épluchures, pour quitter la cuisine par la lingerie. Chathaï viendra, ou non, tester l’écuelle dès qu’elle aura de nouveau localisé, mis à distance respectable nos souffles, provisoirement fixé nos existences. Il est l’heure de considérer, derrière des portes mi-closes, l’étanchéité d’un monde qu’elle consent à peupler de son nom.

 

La chaleur est étouffante. Mes rares échappées me convainquent de trouver respirables les pièces que l’on s’attache à ne pas quitter sans motif — quant à Chathaï, c’était bien une crise d’asthme, la veille de mon arrivée, Death’ en a acquis la certitude. Jean a proposé que je vienne avec lui, demain, à Leucate. Nous prendrons dans le garage la planche de Bernard, qui doit les rejoindre la semaine prochaine. Ce matin, il y a eu un accroc dans l’espace auquel chacun s’efforce de préserver sa lenteur lisse, à l’abri des contrevents tenus fermés face au soleil. Death’ a retrouvé dans la poubelle réservée aux verres perdus un paquet de cigarettes vide. Je fume, comme elle, des Player’s Navy Cut. Jean a pris sur lui : il n’a débarrassé que ce matin la table de jardin — hier soir, après que Death’ monta se coucher, nous sommes sortis boire, lui une bière, moi un tonic, en guettant un souffle d’air frais descendu des Corbières avec la nuit. Il lui fallait répartir dans quatre sacs différents la canette, la boîte métallique, le contenu du cendrier et l’emballage de Player’s ; il n’a pas pris garde. Death’, qui s’était levée contrariée, ne m’en a fait reproche qu’au moment de passer à table, à midi. Le ciel s’est soudain éclairci, comme après un bref orage qui aurait tardé. Elle a pu nous parler de Chathaï, qui a passé la nuit, dit-elle, sur l’armoire de ma chambre, lovée derrière la corniche, ce qui n’est pas bon signe. Elle doit pressentir l’arrivée prochaine de Bernard, dont la présence dans la maison la perturbe (Death’ a voulu le convaincre d’abandonner son after-shave ; il a beau penser à s’en abstenir quelques jours avant sa venue auprès d’eux, ses vêtements en sont imprégnés. Chathaï s’étouffe dès qu’il est là.)

Au-delà même de leurs dissensions théoriques, G. disputait à Bernard l’autorité morale sur la petite équipe des collaborateurs plus ou moins épisodiques de L’Âne bâté. Les sommaires portaient les stigmates de leurs affrontements. L’un considérait que le titre d’un article devait s’entendre comme un mot d’ordre ; l’autre prônait une rhétorique plus respectueuse du lecteur non averti, qu’il s’appliquait à prendre au filet de ses phrases chantournées. Tu aurais dû faire curé, jésuite plus exactement ! tranchait G., souvent, au comble de l’exaspération. D’autant que Death’ relançait le débat, suscitait Bernard, lui demandait d’éclairer un mot dont les subtilités lui auraient échappé, à cause du français qu’elle maîtrisait mal.

L’incident du matin est oublié. Mais, à la fin du repas, un vol de chasseurs supersoniques passant à basse altitude au-dessus de la maison déchire notre silence. Death’ quitte la table précipitamment. Jean me tire par le bras hors de la pièce. « Allons au village, il te faut des cigarettes, n’est-ce pas ? »

Le bruit du Land Rover inquiéterait Death’, je suppose. Sur le chemin, midi brûle. Ici, dans le paysage, je ne le mesure qu’à présent, il y a quelque chose — cette absence d’oiseaux — de l’ordre de l’aridité.

 

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