blog dominique autie

 

Mardi 8 février 2005

05: 53

 

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Mais qu'est-ce qu'on va devenir ?

 

azfnoiretblanc

Chronique de l'automne 2001

 

7.

 

L'ordre du monde

 

Déblayer les décombres de ce mois de septembre et engager le travail de deuil. Je voudrais savoir à quoi m’en tenir quant à l’analgésie étrange qui concerne plus encore que la mort de ma mère : le temps lui-même.

Observant mon père silencieux, occupé devant sa table de travail à des activités d’une minutie extrême, je comprends qu’il poursuit un interminable travail de deuil, que je suppose engagé depuis une haute époque dont lui-même a, depuis longtemps, perdu toute notion précise – située, en tout état de cause, des lustres en amont de la Mort qui, après avoir paru hésiter au printemps à le prendre lui d’abord par l’épaule, a finalement utilisé, courant septembre, les grands moyens contre cette femme, exaspérée (on le serait à moins) par la façon dont celle-ci lui tenait la dragée haute depuis bientôt sept ans. Le drame – qui, somme toute, n’affecterait que moi – tient à ce que ce ne soit pas cet homme, mais moi, péniblement, qui écrive : lui, écrivant, pourrait m’amalgamer dans le creuset de sa langue, me donner accès aux couches les plus secrètes et les plus sensibles où se pétrit la souffrance d’être né, baratter ma sécheresse.

Il manque à tout cela la plus élémentaire dimension animiste. Qu’avons-nous fait ? Qu’avons-nous omis de faire ? Quel signe funeste n’a pas été conjuré à temps ? Qui d’ailleurs en eut connaissance ? Qui en a reçu l’avertissement et aurait négligé de le traduire ? On met en cause les services de renseignements supposés n’avoir pas pris au sérieux des menaces clairement proférées. Mais qui a interrogé les astres, qui s’est préoccupé des chats – derrière leur impassibilité, ils en savent bien plus long qu’ils ne le laissent croire ? Qui a pris soin du nombre de ses pas ? qui de l’orientation de son lit ? qui, un tant soit peu, de lui-même ? Chacun de nous s’en est remis, de longue date, à la rumeur d’État, aux rappeurs du JT, aux DJ de l’info en boucle. Ce qui m’advient prouve assez que les événements – qu’ils secouent la planète ou une métropole entière – ne nous sont pas des phénomènes extérieurs. Seule la chute d’un météorite (encore qu’aujourd’hui on saurait la prévoir) pourrait avoir valeur de fatum, de destin, de puissance qui fixe de façon irrévocable le cours des événements, selon Le Robert. La collusion du hasard et de la nécessité y suffit. Alors que c’est la conjonction des négligences les plus intimes de chacun de nous qui soudain fait masse – mais qu’il soit clair qu’un seul nœud de circonstances dans l’existence d’un seul atome humain peut suffire à libérer les tensions, les énergies, les impacts nécessaires à détruire Babel en une matinée : la théorie du chaos appliquée à chacune des catastrophes minuscules que sont nos vies produit l’écroulement de Manhattan et l’explosion d’AZF.

Qu’un sans domicile fixe, un cancéreux en phase terminale, un travesti ou le consommateur le plus désespérément représentatif d’un quelconque panel se lève soudain et dise : C’est moi ! comme à la communale quand il s’agissait de se dénoncer, et le bruit public ne prendra même pas la peine d’en rire. Pourtant, le papillon dont l’aile en frémissant a fait s’écrouler la montagne sur un autre continent, c’est bien moi qui l’ai rêvé !

Si j’excepte la nuit qui suivit l’explosion de l’usine AZF, l’hypersomnie est la réponse la plus explicite que mon organisme improvise devant cette pièce montée branlante et cataclysmale. Nul doute qu’un fonds non soldé de fatigue, dû à l’impossibilité dans laquelle je me suis trouvé de prendre quelques jours de repos à la suite de l’intervention chirurgicale, fait le lit de cet état de lassitude dont rien ni personne ne parviendrait à me divertir ces temps-ci. Mais à l’épuisement mesurable au nombre de bâillements s’ajoute une force ténébreuse, résolue, convaincante, qui m’attire dans les eaux lourdes du sommeil et me dissuade d’en émerger le moment venu. Véritable empoignade à laquelle j’assiste, impuissant au fil des salves à répétition du buzzer de mon radio-réveil. Chaque journée qui se rappelle à moi en faisant vibrer la table de nuit comme une sirène d’alerte maximale m’est une peine de sûreté incompressible.

Le monde rôde autour de mon cadavre, l’insecte nécrophage des effets spéciaux cherche avec son dard l’artère où se frayer une passe encore douloureuse vers mon sang pour y ficher son drain, me remplir de Bétadine jusqu’à la bonde, jusqu’à ce que les chairs cèdent, jusqu’à ce que je dégueule l’ascite par tous les orifices.

Je me lève dans l’état où je me trouvais, il y a seize ans, au sortir de mes comas éthyliques.

Dans les jours qui ont suivi les deux dates sismiques du 11 et du 21 septembre, plus encore que les petites demoiselles, la nageoire cellulaire plaquée à l’oreille et la marque du slip dépassant du blister, qui donnent leur position à Grand Frère GPS, le retour de la page sportive dans les flashs d’actu me prouve à l’envi que tout est comme avant – voire que rien, plus probablement, n’a changé un seul instant.

Que rien ne changera.

Je pense à Emmanuelle, vingt-deux ans cette année. Sans que sa mère, qui l’a élevée, ni moi, qui n’ai pas pu fixer son enfance, ne l’ayons si peu que ce soit suscité, elle a choisi ce monde-là, celui des études de marché, du marketing, de la consommation de masse ; elle a suivi un cycle international de trois ans d’études supérieures d’économie. Quelques jours après l’enterrement d’une grand-mère qu’elle n’a pour ainsi dire pas connue, pour ne l’avoir fréquentée que quelques heures dans sa vie, elle scellait sa première embauche dans un cabinet américain de consulting implanté à Bruxelles. Les circonstances se sont peu prêtées à ce que je l’interroge sur la façon dont elle a ressenti la destruction du World Trade Center, elle qui, récemment encore, envisageait d’aller au plus vite œuvrer en Amérique du Nord dans le mass market. Choix paradoxal, pour ce que je sais et pressens de son regard sur le monde, dans lequel je reconnais cependant trop bien son père : mon goût pour les postures acrobatiques – sociales, en l’occurrence, mais tout observateur assidu pourrait
en dire autant de mon existence affective depuis le grand déchirement placentaire…

Il existe également ce symptôme, ces jours-ci, dont je tarde à me préoccuper : ce moment où la musique ne me répare plus.

Je mets, sans conviction, un disque de John Surman. Comment aurais-je prévu que les fréquences de sa clarinette basse, parentes de la basse de viole de Jordi Savall, auraient les effets tout à la fois cautérisants et balsamiques que celle-ci a perdus ces derniers temps ? Ses plus belles compositions (Nestor’s Saga, Portrait of a Romantic) relèvent d’un jazz contrapuntique qui n’est pas sans écho avec les Musicall Humors du Captain Tobias Hume ou les Pièces de Violle de Mr Demachy – deux albums que je tiens pour plus troublants que les œuvres de Sainte Colombe, qui ont fait le succès de Tous les matins du monde.

Or, aucun de ces disques, ni aucune des nombreuses versions de Leçons de Ténèbres des compositeurs baroques, dont je m’accompagne des journées entières (mais quelques répons, à la nuit tombée, suffisent à m’ébarber l’âme), n’ont plus prise sur moi : soit qu’une tension me catapulte par delà l’instrument ou la voix, dans une sorte de vide saturé d’influx nerveux – des nerfs dressés comme des cheveux sans tête, des nerfs d’orage, de nuée de kérosène, des nerfs kamikazes ; soit que je me mure déjà dans l’œuf de plomb du sommeil et que mon propre poids volumique leste jusqu’à l’incoercible besoin d’aller m’étendre. Mais, ce soir, la méditation de Surman emprunte une langue dont les périodes s’ajointent à ma langue comme les deux brins d’une double hélice d’ADN. Je passe en boucle le premier morceau de l’album avant que mes yeux ne portent attention au titre de celui-ci : Private City.

Un bruit quelconque me tire du silence intérieur auquel m’a renvoyé la musique de Surman.

Haine, haine, haine face à ce qui – depuis des mois, pour ne pas dire des années – s’acharne à corriger mes itinéraires. Du projet pour lequel on prend son souffle (écrire un nouveau livre) jusqu’à la moindre pensée voient leur trajectoire infléchie, quand ce n’est pas brisée net. La rancune s’accumule, une parano diffuse finit par jeter son ombre sur chaque interstice de mon emploi du temps (traverser la place pour acheter du pain m’expose au risque que le fournil électrique ait été neutralisé peu avant par un court-circuit, qu’un vélo circulant en sens interdit manque de me heurter, que je tombe sur quelqu’un que je n’ai ni l’envie ni le temps de rencontrer).

Puis, soudain, l’évidence saute aux yeux : le temps lui-même s’est rétracté, le cadran de l’horloge s’est déformé sous la pression au point de ressembler à l’une des montres molles de Dali, c’est l’ensemble du carnet de rendez-vous de la planète qui a été passé au compresseur à confectionner les balles de papier. Les échéances se chevauchent, le tuner capte plusieurs émissions différentes sur la même fréquence et, à l’inverse, des plages entières restent muettes sur l’écran lumineux des longueurs d’onde. Dans le téléphone portable, le retour de ma voix, avec plus d’une seconde de décalage, couvre les propos de mon correspondant – et je songe non sans quelque effroi que ce même phénomène, ultérieurement ou à condition que je me déplace de quelques pas, pourrait me faire entendre la phrase que je vais prononcer avec cette même seconde d’avance sur le mouvement de mes lèvres, voire sur ma pensée.

Devant ce constat, il est dès lors, non seulement possible, mais nécessaire de conclure qu’au centre de cette page qu’une main négligente ou rageuse a réduite en boule, je reste le seul signe cryptographique intact, le seul repère sémantique sur lequel pourra s’appuyer celui qui, en se baissant pour défroisser la feuille, tentera d’en déchiffrer le texte. (Je songe alors à un curieux volume, constitué d’un texte de Michel Butor et de reproductions en couleur d’œuvres d’un artiste tchèque, Jirí Kolár [1]. Celles-ci, présentées par l’auteur comme des collages, consistent – du moins au premier regard – en des « compressions » de monuments, places et panoramas praguois obtenues par application d’un fer à repasser sur une photographie froissée. L’effet est beaucoup plus saisissant, me semble-t-il, que ne le serait une figuration de ces mêmes monuments réduits à l’état de ruines, dans la mesure où l’image proposée par Jirí Kolár préserve le monument – toujours « debout », reconnaissable – tout en récusant de la façon la plus violente son équilibre structurant d’architecture d’apparat et, par là même, sa fonctionnalité. C’est bien une telle image que les New-Yorkais conserveront mentalement pour longtemps encore du World Trade Center, et non le champ de gravats, progressivement mis au net, sur la pointe sud de Manhattan.)

 

Dimanche 18 novembre – il y a très exactement trois mois que j’ai déménagé – dans le creux de l’après-midi, je me baisse pour ramasser un dernier livre. Éloge du silence de Marc de Smedt (Albin Michel, 1986). Depuis plusieurs semaines, à raison d’une heure certains matins, aussitôt levé, et de plusieurs journées dominicales, au prix d’un état d’ankylose douloureuse dont je ne parviens plus à me déprendre, je range la bibliothèque.

Une fois extrait de son carton de varia, le volume a transité par mon bureau-salon dont les rayons de littérature française ont été les premiers aménagés (mais il n’y a jamais émargé, que je sache, et je ne discerne aucune nécessité de l’y introduire aujourd’hui), par le bureau de Sylvie (un week-end entier à organiser enfin une bibliothèque professionnelle et documentaire cohérente) pour rejoindre, fin octobre, l’interminable couloir où j’ai installé huit mètres quatre-vingts de rayonnages : onze blocs de 0,80 m de large, dont sept nouveaux destinés à éponger les acquisitions de ces dernières années.

Il me semble n’avoir fait que feuilleter le livre, que j’ai acquis au moment de sa parution. Sans doute connut-il depuis un classement nomade, au gré de mes déménagements précédents, des remaniements et concentrations divers qu’a imposés, depuis quelques années, une stratégie de préemption sur toutes sortes de volumes dont les bouquinistes de la place Saint-Étienne, le samedi, semblent tenir à se défaire à vil prix avant quelque Déluge annoncé. Impossible, quoi qu’il en ait été, de me souvenir même d’où je l’ai tiré en août, et sa présence dans l’un des rares cartons qui, parmi les deux cent cinquante que nécessitèrent les livres, portaient la mention « Divers SH » [sciences humaines] me convainc que je n’ai jamais vraiment statué sur sa place : s’il en avait une avant l’été, elle était assez précaire ou sujette à caution pour que j’aie orienté le volume vers une pile d’inclassables mise de côté.

À quelques nuances près, pour des ouvrages désormais localisés sur lesquels, de surcroît, je travaille ces temps-ci, je suis donc parvenu à rétablir, pour certains continents thématiques, à instaurer pour des archipels qui l’exigeaient parfois depuis plusieurs années, un ordonnancement pragmatique et conforme
à l’esprit qui a procédé à leur choix – et je ne trouve pas de meilleure bannière que celle nommée par Caillois ses cohérences aventureuses. J’arpente le couloir, Éloge du silence à la main. Je dispose enfin de la perspective des étagères et de leur occupation harmonieuse. Les livres n’ont plus à s’imbriquer selon leur format sur deux rangées qui accueillaient encore, dans presque tous les rayons, des piles horizontales qui achevaient de rendre pénible la recherche d’un titre et périlleuse son extraction pour le consulter.

Je médite un instant sur cette circonstance singulière, qui ne s’offrira pas de sitôt, du moins puis-je en formuler le vœu. J’ai manipulé entre neuf et dix mille livres (grossière évaluation par multiplication de la charge moyenne d’un rayon par le nombre exact de ceux-ci) et me voici rendu au moment de ranger symboliquement le dernier, soudain léger sous mes doigts. Je prends le temps d’en vérifier l’état – le papier cristal est intact, ce qui me confirme que je n’ai probablement pas accompagné le volume pendant un temps suffisant à le lire entièrement ; je n’ai donc fait que me l’approprier, comme à l’ordinaire, en le recouvrant et, cette opération conclue, en le fréquentant un moment – table des matières, ouverture d’un ou deux chapitres, index et bibliographie qui toujours en disent long sur la démarche de l’auteur, mais Éloge du silence n’en comporte pas, les références des citations sont seulement données au fil du propos dans des notes en bas de page.

Vers le milieu du couloir, il est criant que sa place est ici, parmi les livres sur la musique.

Les fêtes de fin d’année se sont rapprochées d’inquiétante façon : non plus le lent compte à rebours de l’enfance, dont la mascarade du passage à l’an 2000 exploitait, comme s’il devait s’agir de la dernière fois, le modèle universel ; mais une sorte de proximité par saccades sur un calendrier soumis au tangage. Ici et là, quelques rappels des événements sous forme de la figure médiatique imposée de l’édition spécial-bilan de l’année écoulée. Mais en son for intérieur – si l’on peut, pour s’exprimer ainsi, lui en prêter un – le monde est imperturbable. [La diffusion métastatique du droit de chacun à ériger son propre désœuvrement et celui de son époque en activité (pâte à sel, macramé, point de croix, bénévolat caritatif, hooliganisme) affecte la lutte avec l’Ange de la langue. De telle sorte que l’isolement de l’écriture est exponentiel : l’inconvénient d’être confondu avec un pêcheur à la ligne ou un bouliste (l’affaire est déjà ancienne) s’aggrave désormais de la honte, dont on ne peut s’ouvrir à personne, d’éprouver comme obscène la part d’activité (crayons, ordinateur, ramette d’A4, dictionnaires) que comporte la mise en œuvre de la langue.]

Le 21 décembre, je sors en fin de journée, faire provision de gâteaux secs. La ville clignote. Au thermomètre numérique géant, sur le fronton du siège régional du Crédit Agricole®, zéro pointé. Les portables sont collés à l’oreille, Bisou tchao ! chuchote à la cantonade dans son Nokia une petite grue qui passe à ma hauteur [qu’une seule fois on ose s’acquitter ainsi de moi au téléphone et je jure de rendre à jamais toute forme de relation impraticable entre mon correspondant et moi]. Le baromètre du principe de réalité a d’ores et déjà atteint les valeurs négatives, cela se palpe jusqu’au malaise. Les gens sont laids, leur imaginaire enguirlandé les bouffit. C’est à vomir.

Quelque chose me dit que c’est moi, et moi seul, qui paierai la facture de psychotropes que cette société s’est autoprescrite pour continuer de s’acheminer en rang serré vers son misérable non-destin. Je lis dans son regard que Sylvie oscille toujours entre l’effroi, que nous partageons, devant l’écroulement du monde et la tentation du découragement devant mes imprécations entrecoupées d’interminables mutismes : elle se tient devant un livre ouvert dont, elle comme moi, ignorons la langue.

 

Et vous avez lu tout ça ? Non, bien entendu, mais je sais ce que contient chacun de ces volumes, il existe entre eux, d’un rayon à l’autre – d’une pièce à l’autre – des liens mystérieux, d’une absolue nécessité, qu’un seul mot qui me manque, au détour d’une phrase, suffit à activer. Alors, s’il est à sa place, je vais droit au livre concerné, en état de somnambulisme, et j’y trouve aussitôt le mot, la phrase, la page qui me cherchaient, qui n’attendaient que cet instant de disponibilité de ma part.

[Je tiens volontiers ma bibliothèque pour un siphonophore, l’un de ces organismes dont les sciences naturelles ont relevé l’ambiguïté : « À première vue, Physalia est un gros flotteur auquel pendent des tentacules et ressemble donc à s’y méprendre à une méduse commune (une seule méduse). Un examen plus approfondi nous montre que cette armada flottante est en réalité une colonie de nombreuses personnes, polypes et méduses. L’intégration des différents individus de la colonie s’est tellement perfectionnée, les différentes personnes ont acquis une forme tellement spécialisée et une telle subordination à l’ensemble de la colonie qu’elle fonctionne à présent comme un individu unique, un superorganisme [2]. »]

J’avais presque oublié que, depuis six semaines, l’étrange dispositif de la bibliothèque m’est de nouveau accessible.

Ce n’est qu’aujourd’hui, et de la façon la plus incidente, au moment d’afficher devant le visiteur mon soulagement de m’être acquitté de la tâche en dépit de l’avalanche catastrophique des derniers temps, qu’une évidence tout autre me saisit : il n’arrivera désormais plus rien de grave – et ce n’est d’ailleurs qu’à la faveur de cette bibliothèque, en souffrance à l’époque des faits, que les Twin Towers ont perdu l’équilibre.

Dès lors, il m’est enfin possible de raccourcir mes nuits. Peut-être même vais-je pouvoir aviser à la conduite à tenir, et m’arrêter de fumer, maintenant que ma mère est morte.

 

Toulouse, novembre-décembre 2001.

 

[1] Michel Butor, Jirí Kolár, L’Œil de Prague, suivi de La Prague de Kafka et de Réponses par Jirí Kolár, La Différence, 1986.
[2] Stephen Jay Gould, Le Sourire du flamant rose, Le Seuil, 1988, p. 74 sq.

 

 

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