blog dominique autie

 

Lundi 29 août 2005

07: 23

 

C'est des histoires…

 

 

piano_man

 

Petite explication de texte de rentrée ? Allez, on y va.

Pourquoi quatre mois de mutisme ? Comment est il arrivé sur cette plage du Kent ? Ces questions subsistent. Néanmoins, la réalité du jeune homme semble infiniment moins romantique que celle que public et médias avaient imaginée pour lui. (lemonde.fr, 22 août 2005, 17 h 26).

Mais avant de nous pencher sur les derniers mots de ce texte, une autre question, mais c'est moi qui la pose : pourquoi ce cliché que voilà, qui appartient, de toute évidence, à la même série que celui que voici, qui a fait les délices de tous les journaux occidentaux en avril,

piano_man2

ne m'est-il montré qu'aujourd'hui ? Pourquoi n'est-ce pas celui-là qu'on a publié d'emblée à l'appui du récit ? Pourquoi nous l'a-t-on gardé pour la bonne bouche – pour le fin mot ? Il est vrai que j'aurais eu cette photographie-là (et non celle-ci) sous les yeux en avril…

Bien, maintenant voyons ce que signifie cette réalité du jeune homme infiniment moins romantique que celle que public et médias avaient imaginée pour lui. Nous lisons bien, nous avons raison de lire, d'une part, que les médias imaginent la réalité – c'est écrit. Plus subtilement, nous lisons que Le Monde n'est pas à compter parmi les médias, puisque l'homme qui nous dit cela (le papier est signé Éric Nunès avec AFP [qui n'est pas un média, c'est bien connu, mais une source objective d'informations, à laquelle se désaltèrent les journalistes]) s'exprime justement d'un point de vue extérieur, neutre, détaché – mais généreux pour le lecteur égaré que nous sommes [par les médias] : c'est le public (mais je ne suis pas le public, je suis un lecteur éclairé du Monde), de connivence avec les médias (mais Le Monde n'est pas un média, c'est Le Monde) qui a inventé cette histoire romantique de toutes pièces. Qui lit Le Monde échappe à la réalité – qui est le fruit de l'imagination des journalistes. Qui lit Le Monde, c'est du moins ce que je me crois en devoir de déduire, pataugerait donc dans le réel. Message fort du marketing en direction de la cible psy, passablement égratignée dans cette farce.

Nous venions de constituer l'équipe d'auteurs universitaires qui travaillerait autour du directeur de volume pour nous rendre, dix-huit mois plus tard, un manuscrit à paraître dans notre collection d'histoires des villes et des provinces. Nous avions traversé en train la moitié de l'hexagone pour rencontrer nos gens, les inviter à déjeuner, leur remettre leur contrat d'auteur en main propre. Nous reprenions notre train en sens inverse. Nous, c'est-à-dire le directeur de la collection et moi-même, l'éditeur. Une fois installés dans notre compartiment, cet universitaire émérite, historien moderniste, auteur jadis de nombreux manuels scolaires, dont je tairai le nom – non par quelque honte, loin de là, mais parce que je ne suis pas certain que ses confrères survivants, au bord du tombeau, lui pardonneraient cette saillie –, mon commensal, mon compagnon de route et d'édition me fait part de sa satisfaction : Je sens que nous allons avoir un excellent volume, il y a plusieurs vrais conteurs dans cette équipe, vous l'avez senti.

La collection « Univers de la France et des pays francophones », qu'avait fondée Philippe Wolff vingt ans plus tôt, déjà riche d'une petite centaine de titres, devait surtout sa renommée à la qualité des historiens universitaires qui, pour chaque période, de la préhistoire à l'époque contemporaine, traitaient le chapitre relevant de leur juridiction ; les ouvrages étaient plutôt austères, à l'image des auteurs que nous recrutions. Ce que je fis observer à mon interlocuteur – que ses nouvelles fonctions dans la maison d'édition, à la suite du récent départ à la retraite de Philippe Wolff, plongeaient dans une sorte d'allégresse tonique. Il se pencha vers moi et, sur le ton gourmand d'un prélat vénitien qui détient in pectore un croustillant secret d'État, me murmura à l'oreille : Cher ami, l'Histoire, c'est des histoires.

Un peu comme un contrepoint de Bach. C'est, avant tout, dans la tête.

 

Andreas Grassl, D.R.

 

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