blog dominique autie

 

Jeudi 17 avril 2008

08: 34

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Maurice Lachâtre
intertresetroit
Le management
intertresetroit
et le marketing
intertresetroit
mis en pratique
intertresetroit
par un éditeur
intertresetroit
socialiste
intertresetroit
au dix-neuvième
intertresetroit
siècle

 

 

 

 

 

 

 

 

À propos de
Maurice Lachâtre, Cinq centimes par jour – Méthodes commerciales d'un éditeur engagé.
Présentation de François Gaudin et Jean-Yves Mollier,
Université de Rouen, Publications des Universités de Rouen et du Havre,
88 pages, février 2008, 10 €. ISBN : 978-2-87775-441-5.
Publié avec le soutien du conseil général de la Seine-Maritime.

 

Je tiens de François Gaudin – qui en a assuré l'édition et la présentation avec Jean-Yves Mollier [1] – le précieux petit livre que voici.

Maurice Lachâtre, figure hors normes s'il en fut : lexicographe, historien, journaliste, auteur et libraire-éditeur (en 1842-1843, les dix volumes illustrés de son Histoire des papes. Crimes, meurtres, empoisonnements, parricides, adultères, incestes feront date dans la littérature anticléricale, il engage à partir de 1849 la publication des Mystères du peuple d'Eugène Sue, fait paraître à partir de 1872, depuis son exil espagnol, la première traduction française du Capital de Marx…).

C'est au début des années 1850 qu'il met en chantier son Dictionnaire du peuple, dont les premiers fascicules paraîtront deux ans plus tard sous le titre de Dictionnaire universel. L'entreprise connaîtra compléments, déclinaisons et nouvelles éditions ; elle suscitera tout un dispositif commercial, dont les deux documents mis au jour par François Gaudin et Jean-Yves Mollier offrent un aperçu saisissant : ces Conseils aux courtiers en librairie et ces Instructions sur l'organisation des Docks du Commerce et de la Libraire [2] démontrent à l'envi que le professionnel engagé dans une cause que les années et l'expérience ne feront que conforter, loin d'agir en idéaliste bercé de l'illusion que les idées rayonnent d'elles-mêmes, met en œuvre au quotidien un pragmatisme et un sens de la vente qui ne se paient pas de marketing fumeux : Maurice Lachâtre donne des chiffres, se livre sous forme de tableaux à des simulations de ce que peut espérer gagner, en rejoignant son entreprise, « toute personne ayant une certaine éducation, offrant des garanties d'honorabilité et, surtout, animée de l'amour du travail ».

François Gaudin et Jean-Yves Mollier font précéder le texte de ces deux brochures retrouvées de vingt pages d'introduction et de présentation de Maurice Lachâtre d'une impeccable efficacité : on sait combien, lorsqu'on maîtrise son sujet, il est souvent ardu de faire bref et, surtout clair ; la qualité de leur synthèse constitue la troisième bonne raison de ne pas manquer cette publication.

 

 

Pour commander l'ouvrage sur le site
des Presses universitaires de Rouen et du Havre [cliquer ici].

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(Re)lire sur ce site : Maurice Lachâtre :
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1Ecce homo

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2 – Stigmates

 

 

[1] Jean-Yves Mollier, professeur à l'université de Versailles-Saint Quentin, spécialiste de l'histoire de l'édition, est notamment l'auteur des biographies de Louis Hachette et de Michel et Calmann Lévy. Il avait signé le chapitre inaugural de l'ouvrage dirigé par François Gaudin en 2006, Le Monde perdu de Maurice Lachâtre.
[2] Raison sociale que prend son entreprise en 1864, au 38 du boulevard Sébastopol à Paris.

 

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Jeudi 9 novembre 2006

05: 26

 

Nécessité de la lexicographie
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Rencontre de François Gaudin

 

pierre_bayle
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Zoom

 

À propos de la parution de l'ouvrage
Le monde perdu de Maurice Lachâtre (1814-1900),
sous la direction de François Gaudin, aux éditions Honoré Champion, 2006 ;
et du colloque consacré à La lexicographie militante
les 9 et 10 décembre 2006 à l'université Paris 7 - Denis-Diderot.
Programme : cliquez ici.

 

monde_perdu_lachatre

C'est la publication, peu après l'ouverture de ce blog, de deux chroniques consacrées à Maurice Lachâtre qui m'a permis de faire la connaissance de François Gaudin. Il avait organisé avec Yannick Marec, l'année précédente à Rouen, un colloque intitulé Le monde perdu de Maurice Lachâtre, que le livre récemment paru prolonge plus qu'il n'en donne stricto sensu les actes.

J'espère que cet ouvrage permettra de mieux connaître un personnage singulier et haut en couleurs, écrit François Gaudin dans sa présentation du volume, qui s'inscrit dans de nombreux courants caractéristiques de ce dix-neuvième siècle, qui nous devient étranger sans cesser d'être attachant.
À travers ses convictions, ses initiatives et ses contradictions, Maurice Lachâtre témoigne de la nécessité des utopies et des combats collectifs. Et, plus ponctuellement, il nous rappelle combien est précieuse l'indépendance éditoriale, si menacée de nos jours.
Tant il est vrai que l'œuvre éditoriale – celle que je suis le mieux à même de jauger, parmi l'activité étonnamment féconde de Lachâtre – force le respect.

Aujourd'hui, François Gaudin prépare un autre colloque, qui se tiendra dans moins d'un mois, sur la lexicographie militante. Je me réjouis d'assister à ces deux journées. Les usages de langue, qui feront l'objet d'une quinzaine de communications, me semblent au cœur de préoccupations dont ce site fait état de façon lancinante : les mots ne sont-ils pas, in fine, ce que cherchent à nous confisquer, dans leur affolement, ceux qui préparent notre perte ?

Quand, il y a deux ans, grâce à Armel Louis, j'ai entrevu l'intérêt du Nouveau Dictionnaire universel de Maurice Lachâtre, c'est bien ce militantisme du mot juste – du mot ajusté – qui m'aimantait. Les travaux que François Gaudin m'a adressés depuis comme ce que préfigure le programme de décembre (dans lequel l'œuvre lexicographique de Maurice Lachâtre sera placée en perspective cavalière, dans son siècle mais surtout dans une problématique qui excède cette seule époque-là) me confirment que nous sommes loin de seules préoccupations d'érudits ou d'historiens. Sans doute suis-je moins serein que François Gaudin devant la mercantilisation de ce qui reste de mots pour le dire. J'ai toujours été frappé qu'à l'éternelle question : Quel livre emporteriez-vous sur une île déserte ? nul, en règle générale, ne songe à répondre – Un dictionnaire, bien entendu !

 

Entretien avec François Gaudin

 

Dominique Autié : Vous contribuez à faire extraire d’une chape d’indifférence la figure étonnante et l’œuvre non moins singulière de Maurice Lachâtre. Vers quelles réflexions, fécondes pour l’éditeur autant que pour l’universitaire, pour l’érudit autant que pour l’étudiant d’aujourd’hui, ce patient travail de mise au jour oriente-t-il nos contemporains ?

François Gaudin : L’exhumation d’un personnage tel que Maurice Lachâtre suscite en premier lieu un étonnement lié au statut de la mémoire collective et, en particulier, celui de la mémoire des œuvres. Comment l’éditeur, le militant, le lexicographe put-il basculer de façon si rapide dans un oubli si profond ? Évoqué ponctuellement dans certains travaux, il restait
inconnu de l’histoire de l’édition ; ses cinq dictionnaires et ses
deux compléments lexicographiques étaient à peu près ignorés des
historiens des dictionnaires ; le militant, actif depuis le temps des socialismes utopiques jusqu’à la grande période de l’anarchie, voyait ses engagements et ses réalisations passés sous silence. À peine se souvenait-on de l’édition française du Livre 1 du Capital. Même l’histoire de la littérature méconnaît le procès des Mystères du peuple d’Eugène Sue alors que le procureur Pinard, qui poursuit ce roman, est resté célèbre pour les procès des Fleurs du mal de Baudelaire et de Madame Bovary de Flaubert, dont les condamnations sont bien peu sévères. De plus, Maurice Lachâtre l’éditeur est ensuite condamné deux fois à la peine maximale comme auteur de dictionnaires de langue. Un tel acharnement aurait pu retenir l’attention.

Pour terminer sur cet aspect mémoriel, il est stupéfiant de constater que la mairie de sa ville de naissance, qui avait débaptisé la rue Maurice Lachâtre sous Vichy, ait, depuis, refusé de réintroduire ce nom dans sa nomenclature des voies malgré la demande d’érudits ; et encore le maire actuel est-il membre du parti socialiste…

Sur le plan de l’histoire de l’édition, Lachâtre utilise des techniques de vente modernes, qui anticipent les procédés de fidélisation contemporains moins dans un souci de profit que de démocratisation de la lecture. Et sur ce point, il est sans doute le meilleur disciple du pédagogue Joseph Jacotot, pionnier de l’émancipation au siècle de l’instruction – que Jacques Rancière a sorti de l’oubli dans Le Maître ignorant. Il cherche également à plusieurs reprises à donner une dimension européenne à son réseau éditorial ; lui-même, en tant qu’auteur d’une Histoire des papes, sera traduit de son vivant en espagnol, en italien et en portugais.

Sur le plan de l’histoire des dictionnaires, il conçoit la lexicographie comme une auxiliaire de l’autodidaxie et de l’émancipation : imagine-t-on que, sous le Second empire, les fascicules de son Dictionnaire universel circulaient sous le manteau en même temps que les pamphlets de Victor Hugo ? Et l’on reste étonné que les historiens de l’anarchie aient méconnu l’ensemble des notices recueillies dans le Dictionnaire-journal et dont l’ensemble forme une sorte d’encyclopédie de l’anarchisme fin de siècle.

Sur le plan de l’histoire du militantisme social, il fut acteur dans plusieurs domaines ; notamment, il créa une « commune-modèle », jamais citée ni étudiée, et une banque basée sur des principes proches de ceux de la Banque du peuple de Proudhon. Enfin, je laisse de côté l’aspect spirite, qui lui vaut d’être connu au Brésil.

Le parcours individuel de Maurice Lachâtre a valeur d’exemple par sa volonté de synthèse, son syncrétisme visant à réunir et concilier les progressismes de son temps : il est fidèle à la fois à Cabet et à Proudhon, il admire Blanqui et édite Marx ; il s’entoure à la fin de sa vie d’anarchistes du courant éducationnel ; mais il est aussi partisan de l’homéopathie, féministe, anticolonialiste. En tant qu’homme privé, sa fidélité à son ami Eugène Sue le conduit à faire rédiger, cinquante ans plus tard, la suite des Mystères du peuple que l’écrivain n’avait pu mener à bien – ce sont Les Mystères du monde qu’il confie à Hector France.

Enfin, il ménagea les intérêts de ses deux familles et veilla à ne léser ni ses filles légitimes, ni sa fille illégitime, avec laquelle il vivait et travaillait.

D.A. : Des contributions attendues lors du colloque consacré à la lexicographie militante concernent, l’une le nationalisme lexicographique québécois, une autre les attitudes de féminisation lexicales. Les enjeux et, surtout, le pouvoir d’une langue « officielle », normée, ainsi que ceux d’un contre-pouvoir assumé par une lexicographie militante sont-ils aussi puissants qu’au dix-neuvième siècle ? Dit autrement : n’est-ce pas aujourd’hui la presse, la télévision, la diffusion massive de produits culturels réputés œcuméniques et métissés qui « norment » la langue, plus que les lexicographes, orthodoxes ou militants ?

F.G. : L’industrialisation des médias culturels a des conséquences sur la « balkanisation » des instances normatives en matière de langue, c’est un fait. Toutefois, les hommes et les femmes qui travaillent dans la presse (ou ce qu’il en reste...), les télévisions, les industries culturelles, s’ils contribuent à « normer » la langue, agissent surtout, à mes yeux, au plan de l’idéologie : ils parviennent à imposer des nouvelles façons de dire qui deviennent des façons de penser ; ce sont eux qui ont appris à nos concitoyens à se dire clients et non usagers de la poste ; ce sont eux qui mêlent islam et islamisme, qui remplacent banlieue par quartier, etc. J’arrête là ; ce serait ouvrir la question du politiquement correct.

Pour ce qui est de la langue proprement dite, ces professionnels restent demandeurs d’outils de référence et le français a fait l’objet de recueils lexicographiques d’une grande qualité, qu’il soient issus de la recherche universitaire (Trésor de la langue française) ou d’excellentes entreprises privées (les éditions Le Robert). Mais pour qu’ils continuent à jouer leur rôle, il faut que les lexicographes soient préservés des groupes de pression qui tentent de redessiner à leur profit les contours de notre héritage lexical et sémantique. Une bonne définition doit résulter de l’application rigoureuse d’une méthodologie et non d’une conférence de consensus.

D.A. : Dans un article passionnant, paru cette année dans les Cahiers de lexicologie, vous évoquez le Dictionnaire-journal que publie Maurice Lachâtre de 1888 à 1899 : ces mises à jour et compléments périodiques de son Nouveau Dictionnaire universel ne sont pas sans évoquer les éditions désormais millésimées du Petit Larousse illustré. Pourtant, quelle différence dans la motivation ! Quel regard portez-vous sur le mercantilisme furieux qui s’est emparé du « produit » lexicographique depuis une vingtaine d’années ? Toute idéologie est-elle pour autant absente dans cet assujettissement du lexique au rythmes et aux modes de la presse plus que de l’édition de savoir ?

F.G. : À vrai dire, je ne suis pas choqué par le « mercantilisme furieux » qui s’est emparé des marchands de dictionnaires. Le marché se porte bien ; c’est une bonne nouvelle qu’on puisse vendre un million de Petit Larousse par an et que des équipes parviennent à maintenir l’intérêt pour leur produit par des artifices. Tant que ceux-ci n’en altèrent pas le contenu. Déplaçons notre regard vers les dictionnaires pour les enfants. Depuis une vingtaine d’années, ce marché a mûri, il s’est segmenté et les grandes maisons d’édition proposent des produits spécifiques et de qualité. C’est un bien. Mais le plus souvent, les enseignants ne connaissent pas leurs caractéristiques, leurs différences, ni même les débats qui opposent les équipes rédactionnelles. Or, il y a des désaccords sur ce que doivent être, par exemple, des définitions pour les enfants ; bien qu’ils soient empiristes, les lexicographes ont des idées, des théories et débattent. Cette évolution a eu lieu pendant ces vingt dernières années.

Quant à l’idéologie, elle tient moins de place car l’objectivité et le consensus règnent en maître. Pour trouver des choix sensibles, il faut se livrer à un examen détaillé : tel dictionnaire pour enfants se distingue des autres en occultant le mot sexualité, tel autre se singularise en enregistrant marxisme. On est loin de l’entre-deux-guerres où le Petit Larousse illustré modifiait la courte notice consacrée à Karl Marx en précisant qu’il était juif, au moment de la montée du nazisme… Mais il est vrai qu’à l’époque certains membres du directoire des éditions Larousse étaient proches de l’extrême-droite. Nous avons de la chance ; nous sommes en 2006 ; nous avons encore Alain Rey. La langue française lui doit beaucoup et il n’est pas soupçonnable de telles sympathies !

 

 

Pierre Bayle (1647-1706), pages manuscrites rédigées en 1689
du Dictionnaire historique et critique (paru en 1697).
© Det Kongelige Bibliotek, 2003.

 

 

……………puce_grise
N O U V E A U : L'agenda / bloc-notesCliquez ici.

 

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Vendredi 19 novembre 2004

05: 51

 

Maurice Lachâtre

2. – Stigmates

 

 

La première chronique [Maurice Lachâtre – 1. Ecce homo] a paru
sur le blog le vendredi 5 novembre. Le visiteur la trouvera dans la sous-rubrique Maurice Lachâtre de l'
Archipel.

 

Maurice Lachatre

 

Résumé du premier épisode : Maurice Lachâtre est lexicographe et éditeur.

 

Chers Lecteurs, aimables Lectrices, après cinq années d'un labeur incessant se trouve enfin terminé l'ouvrage auquel vous aviez souscrit, notre Dictionnaire Universel…. Cette adresse aux souscripteurs figure en ultime belle page du quatrième et dernier volume de mon édition. Au verso, soit face à la garde, voici un second portrait de Lachâtre, dans une presque parfaite symétrie avec celui qui ouvre le premier volume, que j'ai reproduit dans ma chronique inaugurale [j'ai procédé ici à un montage : comme son pendant, le portrait figure dans un médaillon (j'ai donc zoomé sur le portrait lui-même) – bien que cette fois le décor autour dudit médaillon soit d'une austérité quasi tombale – et j'y ai associé la page de grand titre du dictionnaire].

J'ai renoncé à rapprocher, côte à côte, ces deux portraits. Je les laisse, sur le blog, comme on les trouve dans l'ouvrage, dissociés, dans deux volumes matériellement indépendants, ici dans deux chroniques successives mais, pour l'heure, accessibles dans des rubriques différentes. Cinq années les séparent, en théorie du moins, c'est-à-dire le temps qu'a nécessité la rédaction et la publication du dictionnaire en fascicules périodiques. Mais quelle édition de ce dernier ? La nouvelle ? celle dans laquelle je les trouve aujourd'hui ? Ils dateraient donc de 1865 et de 1870, Lachâtre aurait 51 ans sur l'un, 56 sur le second. Plus probable, si l'on observe les traits : ces deux portraits figuraient déjà dans la première édition publiée entre 1852 et 1856, dont le stock fut saisi et détruit en 1858. Lachâtre aurait donc 38 et 42 ans.

Je trouve ces deux visages émouvants. J'imagine qu'il existe, dans les archives du Temps, des couples de gravures, de toiles ou de photographies sur lesquels se décompte ainsi un seul lustre de maturité, de désillusions, de fatigues… Cet écart de temps bref innerve les visages d'une force tragique, bien plus que ne sait le faire, parfois, la confrontation du vieillard à l'enfant qu'il a tôt cessé d'être. D'autant que Lachâtre, parvenu au dernier cahier de son entreprise lexicographique, ne paraît pas un homme las, usé par la tâche et les épreuves : le regard brûle dans les orbites, la silhouette est habitée de façon bien plus fervente. Le pire – pour la société à qui est tendu ce second portrait – est à venir.

La semaine dernière, j'ai égaré le visiteur, surdosé l'absence de Maurice Lachâtre sur le Net (mais cette absence était encore totale il y a trois ans). Un colloque lui a été consacré en septembre 2003, à Rouen, sous un beau titre : Le monde perdu de Maurice Lachâtre. M. François Gaudin, professeur à l’Université de Rouen (IRED/UPRESA CNRS 6065), membre du conseil scientifique de la Société française de terminologie, l'un des deux organisateurs de ce colloque, a répondu par retour au courrier électronique que je lui ai adressé, vendredi dernier, pour l'informer de mon projet – qui n'était déjà plus tout à fait dans les limbes, la première chronique avait été mise en ligne le matin même : je suis ainsi bon élève, curieux de tout (en cela inassimilable par les instances officielles du savoir) mais capable des plus grands scrupules plutôt que de prendre le risque d'affirmer quelque sottise sur un sujet auquel d'autres, fussent-ils une poignée (et surtout dans ce cas), consacrent une vie d'études, de recherches et, le plus souvent, d'ascèse.

Armel Louis également a répondu. Il a même enrichi la première chronique d'un précieux commentaire sur la dédicace du Nouveau Dictionnaire universel, qui ne figure pas dans mon exemplaire. La toile se tisse sur la Toile, je suis ravi ! Le temps (quelques semaines) que les moteurs de recherche repèrent et référencent le blog, les premiers visiteurs volontaires ou de hasard, extérieurs au cercle rapproché des familiers, découvriront un premier ensemble déjà copieux : « signes de pistes » plutôt que contributions savantes, petit dispositif à exciter la curiosité et l'empathie autour de la figure de Lachâtre. Et si le nombre des sympathisants s'accroît, il sera temps, alors, d'imaginer un vrai site consacré à celui qui fut le tout premier éditeur français du Capital de Karl Marx et celui des Mystères du Peuple d'Eugène Sue.

Ce qui ne sera qu'un modeste début de justice rendu à Maurice Lachâtre, en regard du total d'environ 1 460 000 de pages trouvé par Google en 0,49 seconde pour Céline Dion.

 

 

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Vendredi 5 novembre 2004

05: 29

 

……………………………Maurice Lachâtre

……………………………1. – Ecce homo

 

Maurice Lachatre

 

Le propos d'aujourd'hui est inaugural, quelque peu solennel. Et je préviens le visiteur : comme l'indique son titre, cette chronique aura une suite. Il se peut même – son objet le justifie – que l'entreprise prenne assez vite l'allure d'un feuilleton, tant la matière abonde, tant elle est, à ce jour et sur le médium Internet, à proprement parler inédite. De sorte que, dérogeant à la règle implicite de la blogosphère, je serai bien en peine de placer dans cette chronique un lien efficace (si ce n'est celui qui, à la ligne précédente, me dédouane du soupçon d'avoir créé, par e-dandisme, ce néologisme) qui renvoie l'internaute vers quelque site, instructif ou édifiant, et lui permettre ainsi de prendre une petite avance sur la livraison suivante.

D'ailleurs, après avoir scanné ce portrait de l'homme, j'ai ressenti une brève bouffée de découragement (le grand in-quarto dans lequel il figure en frontispice est lourd, il m'a fallu prendre mille précautions pour asseoir le premier plat de couverture et les trois premiers feuillets intérieurs sur la vitre sans que la masse des 696 autres pages et du reste de la reliure n'entraîne l'ensemble – il m'a fallu déplacer plusieurs dossiers qui encombraient mon bureau pour y parvenir) : je ne saurais m'en tenir aux arrière-pensées de ce visage, je me trouve comme au pied du mur.

Après avoir replacé, provisoirement, le volume auprès des trois suivants (l'œuvre elle-même présente la singularité d'avoir été livrée en cahiers périodiques, puis reliée en quatre forts volumes), j'ai résolu de m'acquitter, pour aujourd'hui, d'une dette initiale à l'égard d'Armel Louis, libraire en région parisienne et lexicographe, à qui je dois de connaître l'homme que voici.

Un bref repentir toutefois (j'ai parfois tendance à forcer un peu le trait pour m'assurer d'être entendu dans le bruit ambiant, de même que je surdose toujours légèrement la prise de médicaments) : je viens d'apprendre grâce à Google que l'enfant terrible d'Issoudin [un site consacré à la généalogie en Bas-Berry] n'est pas si oublié que ça puisqu'une rue porte son nom à La Courneuve.

 

 

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Dominique Autié
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